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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,à gauche ; un scarabée noir, qui était une diligence, courait surla route de Metz ; et au nord, sur la croupe d’une colline, lechâteau du grand-duc de Bade brillait dans une flaque de lumièrecomme une pierre précieuse. Moi, j’allais d’une tourelle à l’autreregardant ainsi tour à tour la France, la Suisse et l’Allemagne dans un seul rayon de soleil. » (Victor Hugo, le Rhin , lettre XXX.)
Les camps retranchés de Metz et de Strasbourg. — Metz ,
l’ancienne cité des Gaulois Médiomatrices, dont les Romains avaient faitune place formidable qui dominait les principales routes des Gaules , avaitété réduite en cendres par les hordes d’Attila. Relevée de ses ruines, elledevint la capitale du royaume franc d’Austrasie ; sa position magnifique,dans une plaine ravissante et fertile, au confluent de la Moselle et de laSeille, à l’entrée de défilés dangereux, en faisait le boulevard central dela vallée, et la clef d’une frontière disputée entre deux races ennemies.Après avoir été la capitale du royaume de Lorraine, elle passa, comme Toul et Verdun , au rang de ville libre impériale, où la souveraineté locale se par-tageait entre l’évêque et le corps municipal, pouvoirs jaloux et souventhostiles. La race, la langue, les mœurs, les relations rattachaient Metz àla France ; aussi les échevins et le peuple acceptèrent-ils sans résistancela suprématie d’Henri II, quand Maurice de Saxe lui en ouvrit les portes.On sait avec quel héroïsme, en 1552, la garnison et la population, dirigéespar l'illustre François de Lorraine, duc de Guise, et les ingénieurs PierreStrozzi et Saint-Rémi, résistèrent pendant cinq mois, par un hiver rigoureux,derrière des remparts en ruine et des bastions croulants, à une armée for-midable de 60 000 hommes, munie de 114 pièces de canon, et que l’empe-reur Charles-Quint commandait en personne. Tous les assauts furent re-poussés, toutes le.s brèches fermées, et le puissant monarque vaincuramena à Bruxelles ses troupes décimées. On sait aussi, hélas ! commenten 1870, après deux mois de blocus, un maréchal de France, trahis-sant l’honneur militaire et la patrie en détresse, livra à la Prusse, avecune armée de cent soixante mille soldats et officiers d’élite, la fièrecité, patrie de Fabert et de Custine, dont aucun ennemi n’avait encorefranchi l’enceinte, ni déshonoré le blason. En 1870, les défenses de Metz étaient inachevées ; les forts extérieurs, ceux de Saint-Privat, Queuleu,des Bordes, de Saint-Julien, sur la rive droite de la Moselle, de Saint-Quentin et de Plappeville sur la rive gauche, étaient mal établis ou in-suffisants. Les Allemands, maîtres de la place, ont essayé de la rendreimprenable. « Metz est maintenant un camp retranché qui n’a pas son» pareil dans le monde, un centre stratégique de premier ordre, fa place» la mieux approvisionnée, la mieux outillée, la mieux disposée pour» résister pendant de longs mois à une grande armée. » Les deuxouvrages anciens, Belle-Croix et le fort Moselle , qui flanquaient larivière à droite et à gauche, ont été renforcés, modifiés et appelés fortSteinmetz et fort Voigt-Rhetz; le fort du mont Saint-Quentin a étéremplacé par deux ouvrages considérables surnommés Frédéric-Charleset Manstein ; la montagne tout entière est une forteresse longue deplus de I S00 mètres, dominant les routes de la vallée de la Moselle