réserve de l’acceptation du président de province ; il est assisté d’un comitéde bailliage composé des maires des communes, d’adjoints, et autresreprésentants élus.
Le cercle ( Kreis ) ou arrondissement, possède une assemblée élue(.Kreisiag) par un système d’élection favorable à la grande propriété;l’agent exécutif du cercle est le Landrath, sorte de sous-préfet nommépar le roi sur la présentation du Kreistag. Ses attributions sont très éten-dues; il préside la commission permanente élue par la diète et chargée dela remplacer pendant les sessions, de nommer les fonctionnaires d’arron-dissement, de régler les travaux publics, la voirie, l'assistance publique, lapolice de santé, de juger en première instance les procès administratifs, etc.
Les Régences comprennent plusieurs Cercles, elles sont régies par un pré-sident, assisté de dirigeants et d’ assesseurs, tous nommes par le roi, etformant ensemble un collège. Le collège se subdivise en comités qui separtagent les questions administratives ; parfois ils délibèrent en commun(plénum).
La province est la plus grande unité administrative: elle a à sa tête unprésident supérieur, nommé par le roi, assisté d’un conseil , analogue auconseil de préfecture français , qui représente l’Etat; et une assemblée oudiète provinciale, qui représente les intérêts de la province, et qui estconvoquée au moins tous les deux ans ; elle vote le budget, établit desimpôts, contracte des emprunts, achète, vend, ou aliène les propriétés, etc.Mais néanmoins l’autorité de l’Etat reste prépondérante, le présidentsupérieur peut mettre son veto sur toutes les décisions de la diète qui luiparaissent contraires aux lois de l’Etat, et un tribunal administratif supé-rieur, composé de membres choisis par le roi, juge sans appel tous lesconflits administratifs.
Les fonctions administratives ne sont pas données à la faveur ni auhasard; les aspirants-fonctionnaires subissent des examens nombreux etdes stages fort longs. Une fois placés, leur position est très solide, ils nepeuvent être révoqués qu’après jugement par une cour disciplinaire ; leurpouvoir est très étendu, leur initiative très puissante, la hiérarchie admi-nistrative très respectée. « Il n’est pas de contrée, écrit M. E. Reclus,» (l 'Europe centrale , p. 934), où cet être abstrait qu’on appelle l’Etat» soit plus révéré qu’il ne l’est en Allemagne, et surtout en Prusse. L’Etat » n’est ni le souverain, ni la patrie; la nation, avec sa langue, ses mœurs,» sa vie intime, n’y est pour rien. L’Etat n’est autre chose que l’ensemble» de la bureaucratie, avec ses rouages mystérieux, son fonctionnement» secret, toute sa hiérarchie allant du roi au dernier candidat à l’uniforme,» mais le peuple non classé n’est pour lui qu’une masse bonne à recenser,» à gouverner, à manipuler de toutes les façons. La bureaucratie prussienne» se distingue entre toutes par l’unité et la discipline; c’est une armée» manœuvrant comme dans les revues qui précèdent les batailles. Les» fonctionnaires, les employés ne sont pas, comme ailleurs, les premiers à» médire de leur gouvernement, à en dévoiler les côtés faibles, à tourner» leurs chefs en ridicule. C’est qu’ils croient à leur mission ; ils croient à» l’Etat dont ils sont les serviteurs et les interprètes... Ils sont fonction-» naires jusque dans leurs familles, et la gloire maritale se reflète sur» l’épouse; partout les femmes se parent du titre, en le féminisant, et« quand elles sont en présence les unes des antres, l’étiquette officielle ne» manque jamais de faire précéder leurs noms de la série bizarre des» appellations auxquelles leurs maris ont droit. »