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C. — ETATS DE L’ALLEMAGNE DU SUD
1° Bavière , Bayera, {royaume). — De tous les Etats de la petiteAllemagne , le plus étendu est le royaume de Bavière, formé en partie desanciennes possessions d’un des duchés nationaux de la Germanie.
Soumise à l’autorité des princes agilolfingiens, dont la résidence habi-tuelle était Ratisbonne ; incorporée par Charlemagne à l’empire franc (788),après la déposition du duc Tassilo ; cédée en 817 en apanage à Louis leGermanique ; agrandie en 843 au traité de Verdun ; transformée en royaumeindépendant sous un fils de Louis le Germanique et en duché autonomesous Arnoul le Mauvais, la Bavière échut un instant à des princes saxonsau dixième siècle, puis à la puissante maison AVelf. L’empereur FrédéricBarberousse en déposséda Henri le Lion (1180) et investit du duché un deses fidèles, Othon de Wittelsbach , dont la dynastie s’est perpétuée enBavière jusqu’à nos jours. Au temps de la Réforme, les Wittelsbach restèrentfidèles à l’Eglise romaine; l’université d'ingolstadt, fondée en 1572, futla grande école et comme la citadelle des jésuites allemands . Au dix-septième siècle, Maximilien le Grand (1596-1651', le plus illustre dessouverains bavarois, chef de la sainte ligue catholique, défendit énergi-quement la cause de l’Eglise et les droits de son cousin, l’empereur Fer-dinand II, et gagna le Palatinat et la dignité électorale aux traités deWestphalie (1648). Les ambitions excessives des successeurs de Maximilien manquèrent, à deux reprises, de perdre la Bavière ; l’électeur Maximilien-Emmanuel (1679-1726) espéra un instant que son fils aîné, le prince élec-toral Joseph-Ferdinand-Leopold, désigné par un testament de Charles II ,régnerait sur les Espagnes; mais cet enfant mourut avant le roi qui l'insti-tuait son héritier. Quand la succession s’ouvrit, l’électeur s’allia àLouis XIV contre l’Autriche , dans l’espoir de s’agrandir; mais après lastérile victoire d’Hüchstædt, il fut chassé de ses Etats et vint chercher un asileà Versailles ; l’empereur Joseph I er le mit au ban de l’Empire, et démembrason électorat. Les traités de Rastadt et de Baden (1714) lui rendirent sasouveraineté. — En 1740, son fils et successeur Chaules-Albert, appuyé surl’alliance de la France , réclama la succession entière de l’empereurCharles VI, et se fit couronner à Francfort . Mais il fut chassé de son élec-torat par les armées de Marie-Thérèse , et mourut au milieu des revers.—Son fils Maximilien-Joseph , renonça aux prétentions de son père, et traitaàFüssen (1745). Avec ce prince, en 1775, s’éteignit la maison Ludoviciennedes Wittelsbach; so*h cousin Chables-Théodobe, électeur palatin, lui succéda,en vertu de l’acte du congrès de Teschen (1779) où les puissances del’Europe s'interposèrent enlre l’Autriche et la Prusse, prêtes à se disputerpar les armes l'héritage vacant.
Charles-Théodore ne put empêcher la République française d’envahir etd’annexer ses Etats de la rive gauche du Rhin. — Son successeur, Maximilien-Joseph (1799-1825), prince palatin de la maison des Deux-Ponts, serapprocha du premier consul. 11 entrait dans les plans de Napoléon decréer dans l’Allemagne du Sud une puissance assez forte pour tenir enéchec l’Autriche amoindrie; ce rôle était réservé à la Bavière . Aussil’électeur fut-il largement dédommagé de ses pertes territoriales. La Bavière se mit sous la protection de la France ; après Austerlitz et le traité dePresbourg , elle y gagna 28 000 kilom. car. et 600 000 âmes; l’électeuréchangea son titre contre une couronne de roi, et sa fille aînée Au-