460 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
gneuries de la rive gauche du Rhin; mais le Directoire , et après lui lepremier consul, qui voulaient créer entre la France et l’Autriche un Etat inter-médiaire, doublèrent ses Etats sur la rive droite du fleuve et lui accordèrentla dignité électorale, aux dépens des princes ecclésiastiques de la Bavière etde la Hesse . Ces possessions furent encore augmentées au traité de Pres-bourg (1805) par Napoléon , qui abandonna à Charles-Frédéric presque tousles territoires rhénans de la maison de Habsbourg, maria le petit-fils del'électeur à sa fille adoptive Stéphanie de Beauharnais , et le fit entrer lui-même dans la nouvelle Confédération du Rhin (juillet 1806), avec le titrede grand-duc, Charles-Frédéric n’ayant pas voulu accepter celui de roi.Les Etats du nouveau grand-duc avaient été ainsi portés de 3 600 kilom. car.à 15000, et ses sujets de 800000 à un million. Cette longue alliance deBade avec la France faillit devenir fatale à son successeur, son petit-fils,Ch.aiu,es-Louis-Fi\édéiuc (1811-18). Bien qu’il se fût rallié à la coalition ennovembre 1813, le Congrès de Vienne résolut de démembrer ses territoires.L’attitude énergique du grand-duc, appuyé sur l’alliance secréte du tsar,'donna gain de cause à Bade. — Son oncle et successeur Locis-Acguste-Goillaume (1818-1830) signa avec l’Autriche le traité de Francfort , quirégla la question des frontières à l’avantage du grand-duché. Après lui,Léopold l»r (1830-1852) employa son règne à l’adoption de réformespolitiques et économiques. En 1835, Bade adhéra à l’Union douanièreou Zollverein. Les conflits entre les libéraux et les partisans du pouvoirabsolu amenèrent en 1849 une insurrection républicaine; le grand-ducdut se réfugier à Strasbourg , et ne fut rétabli que par l’intervention del’armée prussienne.
Le grand-duc actuel, Frédébic-Guillaume-Louis, bien que marié à lafille de Guillaume I er , roi de Prusse, prit part à la guerre de 1866 commeallié de l’Autriche ; la victoire complète de son beau-père ne lui coûta pasun pouce de terrain. Quatre ans plus tard, il se fit pardonner son oppositionmalencontreuse en adhérant à l’Union du Nord, et en envoyant ses régi-ments combattre sous le drapeau de la Prusse contre la France et lesAlsaciens , ses voisins et ses amis de la rive gauche du Rhin.
Constitution. — La monarchie badoise est constitutionnelle et héré-ditaire; la charte date de 1818. Le pouvoir législatif est exercé par deuxChambres : la première composée des princes de la maison ducale et desseigneurs médiatisés, des dignitaires ecclésiastiques, de représentants desUniversités et de membres choisis par le grand-duc pour chaque périodeparlementaire de deux années; la deuxième de 20 députés des villes et de43 des bailliages. Il a y trois départements ministériels : Justice , Cultes ;Instruction et Intérieur; Finances. — Etrangers, 6 6S0 Suisses, 2 600 Aus-tro-Hongrois, 815 Anglais, 773 Américains, 764 Italiens, 620 Français ,530 Russes , 240 Néerlandais, 77 Belges, etc. — Budget (1886) : recettes,33876000 marcs ; dépenses, 47137000.
Le grand-duché de Bade touche à l’ouest, au Rhin ; au nord, à la Hesse-Darmstadt et à la Bavière; à l’est, au Wurtemberg et à la principauté deHohenzollern; au sud, au lac de Constance et au Rhin . Il est divisé en11 cercles et 59 bailliages.