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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALLEMAGNE .

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Germanie, majestueusement assise, se tiennent, sous une formesymbolique, les principales puissances de l’Allemagne , et à côtéde chacune ce qu’elle a reçu, après la chute de l’empire, desprovinces rhénanes.

» ... Pour ne pas offenser le pavé du temple, on revêt, avantd’entrer, des chaussures de feutre, puis la porte de bronzes’ouvre solennellement. Le premier coup d’œil est enchanteur.Sur la tète, sous les pieds, à droite et à gauche, partout lemarbre ; la lumière tombe à flots par les voûtes. Trois avant-corps décorés de colonnes coupent, à intervalles égaux, la lon-gueur de la salle; des cariatides, d’une rare perfection, le visageserein, l’attitude majestueuse, leurs cheveux dénoués sur leursrobes d’or, accouplées comme des sœurs, soutiennent les porti-ques. A la voûte, des étoiles d’or étincellent dans des caissonscî’azur. Dans les angles, de grands candélabres antiques enmarbre blanc attendent l’huile parfumée ou l’encens. En marbreblanc encore, et du plus pur, six Victoires, sculptées par Rauch,se détachent sur le fond violacé de la muraille ; leurs formessont d’une élégance et d’une légèreté divines. Une surtout, àdemi penchée, et à peine posée sur la terre : on dirait qu’elle vas’envoler avec la couronne qu’elle lance.

» Les bustes des grands hommes sont rangés sur trois lignes,le long'des parois du temple, tous à peu près de même grandeuret de même matière; ils reposent sur une console continue dé-tachée du mur, et des inscriptions en lettres d’or rappellent lesnoms de ceux dont l’image n’est pas venue jusqu’à nous. Cesbustes, il faut le dire, sont la partie faible de la Walhalla , c’estpar où le médiocre y est entré ; peu d’entre eux soutiennentl’examen; il faut se contenter de la vue d’ensemble. » (IL Du-rand, le Danube allemand et l’Allemagne du Sud, liv. II, in-8° ill.;Tours, 1883, Marne .)

Les bustes des grands hommes admis aux honneurs de ce Panthéon ger-manique s’élevaient déjà, en 1842, à 96. Pour les héros dont la représen-tation eût été par trop téméraire, on s’est contenté d’inscriptions : ainsia-t-on fait pour Arminius, Marobod, Civilis, Alaric, Ataulf, Odoacre ,Théodoric, Alboin, Genséric , dont la place a été pieusement réservée sousces voûtes hospitalières, à côté de celles d’Eginhard, de Raban Maur , dellrosvitha et de sainte Elisabeth de Hongrie .

Le roi Loms I er avait, plus encore que son fils Louis II , l’ardent cham-pion du rétablissement de l’empire d’Allemagne en 1870, le culte des res-taurations. Il a contribué plus que tous les autres à faire de Munich unecité artificielle, un musée, une sorte de villa d'Hadrien, où tous les exem-