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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AUTRICHE-HONGRIE .

que sauva le comte de Salm, et suspendue un instant par la mort de Soli-man. De cette époque date la création des Confins militaires en Slavonieon Institution des frontières, dont l’organisation ne fut complète qu’audix-huitième siècle. Entre la Drave et la Save, sur la lisière de la frontièreturque, furent disposés des régiments de soldats-laboureurs qui devaient àl’Etat le service militaire en échange des lots de terre dont on leur donnaitla jouissance. Soumis au régime féodal, et n’obéissant qu'à des chefs mili-taires, ces confinaires étaient soldats pour la vie, et leurs enfants ne de-vaient pas avoir d'autre profession que de cultiver la zone militaire, de lasurveiller et de la défendre. C’est dans les Confins (Grœnze) que l’Autriche a, pendant trois siècles, recruté ces régiments redoutables de Croates , dePandours et de Manteaux-Rouges qui ont quelquefois sauvé la monarchieen détresse. L’institution a été dissoute en 1869 et 1872.

Les successeurs de Ferdinand I er , Maximilien II et Rodolphe II , ne firentrien pour accroître leur autorité, et laissèrent les sectes religieuses se dé-velopper dans l’Empire. Les Hongrois, dirigés par le prince de Transyl-vanie, Etienne Bocskay , arrachèrent à Rodolphe des privilèges étendus, etles Bohémiens une nouvelle Lettre de Majesté avec le droit de nommerdes Défenseurs : son frère, l’ambitieux Mathias, soutenu par l’aristo-cratie, se fit céder l’Autriche, la Hongrie, la Moravie, la Bohême, la Silésie et la Lusace (161)8-1611), et donna le funeste exemple du démembrementde l’autorité impériale avant d’en être revêtu. — Mathias devenu empereur(1612-1619), pensa arrêter la désorganisation de l’empire et les progrèsdes sectes, en choisissant pour successeur son cousin Ferdinand de Styrie ,défenseur énergique de l’Eglise, implacable ennemi des réformés, et résoluà restaurer partout l’ancien culte par les conversions, par la transporta-tion, l’emprisonnement ou les bûchers. Les Bohémiens donnèrent le signaldes hostilités par la défenestration de Prague (1618), et la bataille de laMontagne Blanche ouvrit la longue et sanglante guerre de Trente ans, quiruina la Bohème, décima l’Allemagne , mit un instant hors de pair l'empe-reur Ferdinand II (1619-1637), mais diminua l’influence de son fils et suc-cesseur Ferdinand III (1637-1657) et lui coûta l’Alsace. En revauche, laBohême fut rendue à la foi catholique et privée de son autonomie.

Le long règne de Léopold I er (1657-1706) débuta par la brillante vic-toire de Saint-Gotbard, remportée sur les Turcs avec l’aide des régimentsfrançais du comte de Coligny. Mais bientôt l’intolérance et le despotismede l’empereur soulevèrent la noblesse magyare (1670). La première révoltefut étouffée dans le sang; la constitution hongroise fut abolie, les princi-paux magnats montèrent sur l’échafaud, « le régime du sabre succéda aurègne delà loi. » Une seconde révolte éclata en 1678; le comte EmericTœkœly, appuyé par une armée de 200 000 Turcs, vint assiéger Vienne ; lestroupes allemandes du duc de Lorraine et les Polonais de Sobieski déblo-quèrent la capitale et sauvèrent l'Empire par la victoire de Vienne (1683).La Hongrie fut reconquise; les deux brillants succès remportés sur lesarmées ottomanes par Louis de Bade à Salankamen (1691) et par le princeEugène de Savoie à Zenta (1697), forcèrent le sultan à signer la paix deKarlowitz (1699) ; il renonçait au profit de l'Autriche, à la Hongrie , à l’Es-clavonie, à la Croatie, à la Dalmatie, à la Transylvanie . Quant aux rebelleshongrois , le tribunal de sang d’Epéries les livra en masse au bourreau ;le pays magyar fut soumis au régime politique des Etats héréditaires. L’hé-roïque tentative d’insurrection de François Rakoczy n’aboutit pas (1706-1711), Toutefois, en 1711, un traité de paix équitable accorda à la Hongrie la'tolérance religieuse, une administration nationale et une diète souveraine.;

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