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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AUTRICHE-HONGRIE

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surface et est semé çà et là de grands quartiers de rochers quiont roulé du haut des montagnes, il arrive que les trains de boissont arrêtés au passage. Ou bien, si les rives sont basses, ungrand bloc ira s’y échouer, poussé par la course impétueuse deses voisins. Alors les hommes doivent stationner dans l’eau gla-ciale jusqu’à la ceinture, tout le long du jour et repousser lesblocs l’un après l’autre, dans la rivière turbulente : la moindredistraction ou imprévoyance entraîne des suites fatales. »(D’après Giiohmann, cité par J. Leclercq , ici., ibid.)

11 faut ajouter que ces travailleurs robustes et sans peur, très attachés àleur foi catholique et à leur souverain, vivent dans une ignorance profonde,et n’ont pas encore tout à fait dépouillé les habitudes sauvages d’autre-fois. Leurs fêtes sont quelquefois ensanglantées par des meurtres, et l’und'eux demandait à M. Grohmann si Londres est un village du Tyrol italien,ou si l’Angleterre est une ville de la Bavière . « La plusbiste déception est» celle que l’on éprouve en essayant de pénétrer dans le mouvement litté-» raire et intellectuel de ce pays. Le Tyrol renferme près d’un milliona d'âmes, et ce million n’use probablement pas autant de livres de lilté-» rature qu’il s’en consomme dans l’étroite circonscription de l’université» de Bonn ou d'Heidelberg ... Oui, c’est une admirable chose à voir que» cette terre du Tyrol avec ses fraîches vallées épanouies comme des ber-» ceaux de verdure et des bouquets de fleurs, au pied des montagnes arides,» des pyramides de rocs et de glaciers qui élèvent jusqu’au ciel leurs flèches» étincelantes! Oui, l’on éprouve un charme extrême à s'en aller de prairie» en prairie, à travers ces hameaux si riants, ces demeures si paisibles, àn gravir ces cimes escarpées, et à contempler du haut d’un pic aigu ces» sites si imposants et si variés. Mais il ne faut chercher ici ni le libre» mouvement intellectuel, ni les vives et franches communications de la» pensée, et cela suffit pour affliger l’enthousiasme de celui qui ne voyage» pas seulement dans l’intention d’observer les scènes pittoresques de la» nature, mais qui désire entrer en rapport avec les hommes. Entre ces« images gigantesques des différentes zones du Tyrol et ce servage d’esprit» de ceux qui l’habitent, il y a un contraste qui m’a souvent frappé.

Xavier MAnMinit.

Salzbourg et le Salzkammcrgut.

« Des tours de la forteresse de Salzbourg , on jouit d’une ad-mirable vue sur la contrée environnante. Au pied du HohenSalzbourg s’étage en amphithéâtre, le long des deux rives de laSalzach , la coquette cité. Le soleil dore les toits rouges desmaisons blanches, les dômes, les églises, les clochers, les flèchesdes chapelles, des couvents, les tours des châteaux. A vos pieds,se déroule une immense vallée, semée de villages, de chalets,de jardins, de champs cultivés, de collines couronnées de castels,

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