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arrosée par la rivière, qui serpente comme un long ruban (l’ar-gent et va se perdre à l’horizon. De tous côtés s’allongent lescroupes verdoyantes des montagnes couvertes de sapins, et do-minées par la chaîne neigeuse des Alpes d’Autriche . Voici leGaisberg , puis le Tannenberg, le Pass Lueg, le Hohe Gœl,réunis comme de vieux guerriers, les uns nus et chauves, lesautres coiffés do casques d’argent ; quelques-uns semblent re-poser majestueusement étendus ; d’autres, plus sombres, élèventleurs dentelures vers le ciel comme des bras menaçants. Le plusfarouche de la bande, c’est l’Untersberg où, selon la tradition,sommeille au fond d’une caverne le grand empereur Barberousse,à la large épée 1 . L’àpreté de ces crêtes sauvages forme un sai-sissant contraste avec la fertilité de ces campagnes fleuries.
» Du haut du Mœnclisberg (mont des Moines) le voyageurcontemple l’ensemble de la ville de Salzbourg . On redescendpar le Klausenthor, rocher escarpé près duquel les maisons despauvres habitants du faubourg se suspendent comme des nidsd’hirondelles, aux parois accidentés de la Nagelfluh. Pour at-teindre le Capuzinerherg (mont des Capucins) qui se dresse enface du Mœnclisberg, il faut gravir un escalier de deux cent cin-quante marches, le long duquel s’échelonnent de curieuses cha-pelles dont les groupes en bois composent un chemin de croixde grandeur naturelle...
» ... La ville de Salzbourg mérite d’ètre visitée en détail.Ses arcades, ses terrasses, ses rues étroites, ses hautes maisonspeintes en jaune, rose, bleu, ses ponts de bois jetés sur le tor-rent tapageur, ses places égayées de nombreuses fontaines, im-priment à cette cité pittoresque une physionomie particulière.Elle participe à la fois du caractère allemand et du genre italien.Quand la nuit vient, il est doux d’errer sous les ombrages duparc de Mirabel, antique résidence des évêques du duché. Lesvieux arbres aux troncs moussus, entrelacés de lierre, penchentmélancoliquement leur front dépouillé sur la terrasse solitaire.Au fond des bosquets de buis et de cyprès, taillés à la mode de
1. Selon lu tradition populaire, l'empereur Frédéric Barberousse , enfermé aufond d’une caverne sombro « dans la nuit du vieux mont », est assis devant unetable de pierre sur laquelle tombe sa longue barbe blanche, attendant le jour oùü doit reparaître en Allemagne pour commencer une ère nouvelle. On sait lesbeaux vers que cclto légende a inspirés à notre grand*poète, Victor Hugo , dansles Ihirgravcs, partie I, sc. 2. — L’Untersberg (1975 m ), dont l’ascension est pé-nible, jouit dans toute l'Allemagne d’une grande célébrité. Celte montagne estsurtout, intéressante pour les géologues et les botanistes.