albanaises (Médiun, Spuz, Podgoritza, Antivari, etc.), et le traité de Berlin leur laissa ces conquêtes.
Constitution. — D'abord gouverné par des princes séculiers, le Mon-ténégro en 1516 mit à sa tête des princes-évêques (vladikas) électifs, puishéréditaires d'oncle à neveu dans la famille d eNiegoche qui règne encore.En 1852, le prince Danilo se démit de l'autorité religieuse et se maria;en 1860, il fut assassiné sur le quai de Cattaro par un de ses sujets qu'ilavait exilé. Son neveu, Nicolas I er (Nikita), lui succéda 1 .
L’autorité du prince ( knias ou gospodar) est absolue, il est assisté d’uncabinet formé de 4 ministères (Extérieur, Intérieur, Finances et Guerre) :les lois sont préparées par un Conseil d’Etat ou Sénat (soviet) de 18 mem-bres 2 .— La principauté est divisée en nahié s ou d .stricts (8 anciens,8 nouveaux) ; les naliiés comprennent les tribus ou clans ( pleivina ) com-posées d’associations de familles (brastvos) présidées par un ancien (gla-var). Les administrateurs ou juges de tous grades sont en même tempscommandants militaires.
Drapeau, rouge, blanc, bleu. — Ordres princiers; celui de Danilo I erpour l’indépendance ; ceux de la Maison de Saint-Pierre et de YOblica d’or,fondés autrefois par Pierre IL — Villes : Les quatre nahiés de la Cserna-gora proprement dite ont pour centres principaux: Cettigne , ouTsettinié, 2000 hab., capitale de la principauté, résidence du prince,
1. Nicolas I er ou Nikita Petrovitch Niegosch, né en 1841, marié en 1SC0 àMiléna Petrovna, a cinq filles et deux fils dont l’aîné, Danilo-Alcxandre. naquiten 1871. Le prince Nikita a fait ses études à Trieste et au lycée Louis-le-Grand .
2. « Les assemblées du sénat de pâtres et de proscrits vêtus de peaux de bêtes,» que Remulus réunissait au son de la trompe des bergers sur le mont Palatin ,» devaient ressembler fort aux rustiques assemblées du sénat monténégrin . Elles» se tiennent à Tsettinié, dans une longue maison basse, couverte en chaume,» qui a l’apparence d’un hangar, et qui, à l’intérieur, est divisée en deux pièces..» L’une sert d’écurie commune, où l’on attache les ânes et les mulets qui ont» amené de leurs villages les Pères conscrits ; l’autre est le lieu des délibérations.» On n’y remarque, en fait de meubles, qu’une ligne de tapis, un long banc de««pierre adossé à la muraille, et quelques sièges rangés autour du foyer où l’on«Tait du feu pendant l’hiver. Là s’asseoient les sénateurs, après avoir déposé leurs» armes les plus pesantes, mais gardant, à leur ceinture leurs pistolets et leurs» poignards. Tout en fumant, ils délibèrent ou écoutent la lecture des actes» officiels que leur fait le secrétaire du prince. Si, comme il arrive souvent, le» prince est présent à la séance, il s’assied avec les autres sur les bancs de pierre,» et n’a pour distinction qu’un coussin ou un sac de laine. Le résultat des déli-» bérations est écrit séance tenante, par le secrétaire, à la façon turque, c’est-à-» dire sur ses genoux. Quand la discussion semble devoir être longue, pour que» l’heure des repas ne vienne pas l’interrompre, on fait rôtir un mouton au foyer» de la salle ; lorsqu’il est cuit, les sénateurs le dépècent et le mangent, tandis» que Paflaire suit son cours. » (Fr. Lenormant , Turcs et Monténégrins, lxv.)
Cette description, vraie encore pour les premières années du règne de Danilo I or ,ne représente plus aujourd’hui que les réunions présidées par le prince, quand ilrend la justice en voyage. Le prince Nikita a installé le sooiet dans une aile debâtiment annexée au palais de Pierre II. « Du reste, le suprême conseil n’a nb-» diqué que fort peu de.la primitive simplicité décrite plus haut; la salle des» séances blanchie simplement à la chaux, la barrière de bois blanc servant do» barre au tribunal, la table vermoulue, devant laquelle prennent place les juges,
» et le vieux fauteuil de chêne du président, ne pourraient un instant laisser» supposer à l’étranger, apparaissant subitement au milieu de cette réunion de» gens armés, qu’il a sous les yeux une assemblée sénatoriale. » (Frilley etWlahovitj.)