Buch 
L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
650
JPEG-Download
 

650 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

se réunit au Danube entre Semlin (rive gauche) et Belgrade (rive droite),en formant la grande Ile de la Guerre, où se ralliaient les armées deSoliman. — Les affluents de la Save serbe sont : la Drina , frontièregrossie par la réunion des quatre rivières issues du Dormitor , du Kom etdu Visitor; la Tara, réunie à la Piva , le Lim grossi de YUvatz. quiouvrent des communications entre la Bosnie, la Serbie , le Monténégro etl’Archipel; — hKolubara (Valjévo). — Le Danube reçoit la rivière serbe par excellence, la Morava, formée : 1° de la Morava serbe , issue duJavor (Kruschewatz) et grossie de VIbar (l'Ibar arrose en Rascie Novi-bazar et Mitrovica, et reçoit en Albanie la Sitnica, qui passe à Pristina etdans la fameuse plaine dé Kossovo ); —2° de la Morava bulgare (Yranja,Leskovatz, Alexinatz), avec son ctfftuent de droite la Nischava (Pirov,Nisch ou Nissa). La Grande Morava laisse dans sa vallée, à droite, Paratjinet Svilainatz, à gauche, Jagodina, et finit à l’est de Semendria ; — le Timok,rivière frontière, coule entre des montagnes escarpées, et arrose Saitscharet la plaine de Negotin .

IL — Géographie politique

Notice historique. — Sous l’empire romain, la Serbie actuellefaisait partie de la Mœsie occidentale. Les Ostrogoths, refoulés par lesHuns, l’occupèrent, et en furent chassés par les hordes avares. Au septièmesiècle, l’empereur Hêraclius introduisit sur la Save des tribus slaves, à quiil confia la garde des frontières : les Croates s’établirent dans l’I strie et laCroatie , les Serbes, dans les plateaux montagneux et les plaines de laBosnie, l’Herzégovine, la Slavonie, la Serbie . Successivement sujette ouvassale des Grecs et des Bulgares, la nation serbe s’émancipa en 1165. Seschefs prirent le titre de rois. Au quatorzième siècle, la Serbie était ungrand empire. La dynastie des Némanlas ou Némanjides l’avait affranchie etagrandie; un de ses souverains, Etienne Doochan le Puissant (Néma-nitch IX), rêva de conquérir Constantinople . Il marcha sur la capitale avecune armée de 80000 hommes (1336), mais la mort l’arrêta en chemin. Laguerre civile éclata entre les chefs, et le trône de Serbie fut disputé par plu-sieurs prétendants. Lazare Bhankowitcii, couronné tsar, ne put, malgré soncourage et ses exploits légendaires qui ont fait de lui le « Roland serbe, >■sauver sa couronne et son pays. Le sultan Monrad 1 er écrasa les Serbesdans la sanglante bataille de Kossovo ou du Champ des Merles (1389) ; letsar de la Serbie et le sultan furent tués dans le combat. La fille de Lazareder’int la femme de Bajazet, successeur de Mourad, et la Serbie fut, pen-dant trois siècles et demi, incorporée à l’empire ottoman , et soumise audespotisme cruel et rapace des pachas turcs.

En 1804, la Serbie se souleva. Kara-Geoiiges réunit une armée de mon-tagnards et d’haïdouks ou brigands des forêts, et, après dix ans de guerreacharnée, chassa les Turcs du pays slave. Mais les Russes abandonnèrentles Serbes (traité de Bucharest), et la Serbie fut de nouveau subjuguée. —En 1815, un pitre énergique, Miloch Obrénovitch, encouragé par la Russie ,parvint à rendre à son pays l'indépendance sons la suzeraineté de la Porteottomane . 11 fut proclamé prince héréditaire par les notables, en 1827.Les Turcs ne gardaient plus que les citadelles de Belgrade, Chabatz et Se-mendria . Mais alors commencèrent les rivalités politiques intérieures.Le parti aristocratique, appuyé sur l'influence absolutiste de la Russie , dela Turquie et de l’Autriche , remplaça les assemblées populaires par un