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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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036 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

danubien et la marécageuse Dobroudja ; à l'Autriche , on céda l'occupationmilitaire de la Bosnie , de l'Ilerzégovine et du territoire du Lira, le port deSpizza sur l'Adriatique et l’ile de NeuOrsova; an Monténégro , le portd’Antivari , « débouché longtemps réclamé qui lui permettait de joindre lapiraterie au brigandage; » en 1881, on y ajouta celui de Üulcigno ; la Serbie lut agrandie d une partie de la Vieille-Serbie, des forteresses de Niscli(ou Pi'issa), de Leskovalz, de Vranja; la Grèce , de la province de Tlies-salie; l'indépendance complète de la Roumanie, de la Serbie, du Monténé-gro fut formellement reconnue par la Porte ; la Bulgarie, entre le Danube et les Balkans , devint une principauté tributaire sous le gouvernement d’unprince étranger; la Roumélie orientale, comprenant le cours supérieur dela Maritza, au nord du Iîliodope et des monts Strandja, fut déclarée pro-vince autonome. Enfin une des conséquences du congrès de Berlin fut la ces-sion de l’ile de Chypre à l’Angleterre, et l'abandon à la France de la suze-raineté sur la régence de Tunis. La Turquie avait perdu par ces dernierstraités 196622 kilom. car. et 4504500 hab. (non compris la Tunisie ).

Tel a été jusqu’en 1885 le dernier démembrement de cet empire Otto-man, composé de races hétérogènes, fondé sur la violence; agrandi par lesarmes, maintenu par le despotisme, et condamné à se transformer ou àdisparaître dès le jour où il a renoncé au régime militaire qui avaitfait sa force et l’avait longtemps rendu la terreur de l’Europe chrétienne.« L’homme malade est à l’agonie, niais il subsiste encore. Les provincessont toujours aussi mal administrées, malgré les promesses faites etcontinuellement éludées; les terres les plus fertiles restent improductives,plusieurs contrées sont au pouvoir des brigands, et, sur bien des points

de l'empire, l’autorité du sultan n’est que nominale. Dans toutes les

conventions, financières ou diplomatiques, les Turcs , comme tous lesOrientaux, ont montré une mauvaise foi évidente, se sont joués desgrandes puissances, et n'ont jamais cédé qu'à la force. S’ils sont encoreen Europe , c'est que par suite de convoitises inavouables la diplomatieeuropéenne n'a jamais pu se mettre d'accord sur la question orientale.Les progrès de la civilisation, la construction des chemins de fer, la facilitédes échanges feront prochainement cesser l’état de barbarie où gémissentencore les provinces européennes de la Turquie , soit en forçant cette der-nière à transformer son administration, soit en la refoulant* en Asie *. »

Constitution . — Monarchie absolue, théocratique et héréditaire dansla descendance masculine de la famille d’Osman. L’empereur 1 2 , padischah ,Grand Seigneur, émir al Mouslemin, ou J 'rince des croyants, et sult an

1. En 1S85, un mouvement inattendu se produisit en Orient. Déchirant le traitéde Berlin, la ltoumélie orientale, d’accord avec la Bulgarie , sc souleva contre ladomination ottomane, chassa de Philippopoli le gouverneur ottoman Gavril-Pacha, proclama l'union bulgare sous le même drapeau et sous un prince unique,Alexandre de Battenherg. Les deux versants des Balkans, du Danube à la Ma-ritza, devaient ainsi former un Etat commun. En présence de ce conflit mena-çant, la Serbie et la Grèce prirent les armes, prêtes à réclamer leur part desnouvelles dépouilles enlevées à la Turquie , pour le maintien de l'équilibre entreles petits Etats de la péninsule. La Serbie déclara la guerre à la Bulgarie et futpnrtout battue. Mais ia Russie , pour se débarrasser du prince Alexandre quiprenait au sérieux ses devoirs de chef d’Etat et refusait de se plier au joug mos-covite, suscita contre lui un complot militaire, qui le renversa (1886). Les Bul-gares le rappelèrent, mais l’hostilité de la Russie l'écarta du pouvoir; une régencefut installée à Sofia, et la question bulgare reste toujours pendante.

2. Le Sultan actuel est Abdul-Hamid , 31° souverain de la dynastie, né en 1842,proclamé en 1870; il a trois fils.