690 LECTURES'ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
» santé masse des Monts Glanes ; ce qui manque à ces montagnes pour être» vraiment belles, ce n’est pas la hauteur, mais la netteté des contours, la» distinction et l'originalité des formes. Grâce à l’excessive transparence» de l’air, l’œil peut en remonter les pentes, en sonder les ravins, en attein-» dre les sommets arrondis et tous semblables l’un à l’autre; partout, c’est» la même absence de végétation, la même nudité, la même teinte grise et» terreuse. Nulle forêt ne noircit les flancs de la montagne ; à peine aper-» çoit-on des oliviers au fond de quelques vallées. » (G. Pebbot, l'ile deCrète, Revue des Deux Mondes , 15 lévrier 1864.) Au sud-ouest Polhy-rhe'mi (Palæo Kastro) et ses deux acqueducs; Selino et ses ruines; au nordouest Phalasarna, ancienne cité, « vrai-nid d’aigle, «bâtie jadis sur deuxplates-formes où l’on n’arrivait que par deux escaliers, à demi taillés dansfe roc même, la presqu’île et l’ile de Grabuse dont les plaines étaientjadis des repaires de pirates et de forbans; à l’est, Rhétimo, 9 000, placeforte et port, commerce de vallonée ; plus loin, à l’est, dans le district deMylopotamo, se trouve la fameuse grotte de Mélidhoni, dont les stalac-tites et l’aspect étrange n'ont rien à envier à la célèbre grotte d’Antiparos .« C’est surtout à leurs formes variées, imprévues, bizarres, écrit M. Pe’rrot,» qu’est dû l’effet qu’elles produisent; ici ce sont des rangs de colonnes et« des culs-de-lampe, comme ceux de nos cathédrales gothiques ; là de» minces colonnettes, serrées les unes contre les autres, semblent figurer» des tuyaux d'orgue; plus loin, séparant deux salles l’une de l'autre, pen-» dent à grands plis d’énormes draperies, de prodigieux rideaux; on dirait» du velours ou du brocart blanc. Le plafond d'où descendent ces immo-» biles tentures se relève souvent si haut qu'il se dérobe à notre vue ; nos« torches, mises au bout d’une grande perche, ne peuvent projeter assez» loin leur fumeuse lumière pour nous montrer les bornes des sombres» salles où nous errons. » Cette caverne fut dans l’antiquité le théâtre derites mystérieux et sanglants; de nos jours (en 1822), les Turcs y blo-quèrent 300 chrétiens et les asphyxièrent en allumant à l’entrée de jagrotte un monceau de matières combustibles dont le vent chassa la fuméejusque dans les profondeurs du souterrain.
Au sud, l’ancienne Gorlyne était située à l’entrée de la grande plaine deMessara ; dans les environs sont les vastes excavations où l'imaginationdes Grecs plaçait le fameux Labyrinthe. « Le prétendu Labyrinthe n’est» autre chose qu'une vaste carrière d’où ont été tirées toutes les pierres» qui ont servi à la construction des édifices et des maisons de Gortyne.» L’entrée est presque complètement obstruée; pour pénétrer dans l’inté-» rieur, il faut parcourir 30 ou 40 m. en rampant sur le ventre; le sol« s’abaisse ensuite un peu, mais pourtant, dans beaucoup d’endroits, il est» impossible de s’y tenir debout et il faut marcher courbé, ce qui rend» cette excursion très fatigante... Sans parler des dépûts formés par l'eau» qui çà et là suinte de la voûte, les innombrables chauves-souris qui» habitent cette humide et chaude retraite ont amoncelé peu à peu à terre» une épaisse couche de guano... Il n’y a d’ailleurs ici rien d’effrayant ni» de mystérieux, on peut hardiment s’engager dans le labyrinthe sans le» fil d’Ariane, sans autre guide qu’un villageois qui y soit entré quelque-» fois, et qui puisse indiquer les passages les plus commodes à suivre et» les moins obstrués. » (G. l’EnuoT.) — Candie, située à l’est des der-nières pentes de l’Ida, à l’embouchure du Geofiro, est l’ancienne capitalearabe, byzantine et vénitienne. Ville agonisante, elle n’a plus que9 000 hab., son port est mal fermé et peu sur. Les ruines de Cnosse,ancienne capitale, au sud-est, sont dénuées d’intérêt.