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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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*32 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

nental. « Nulle part, en Occident , il n'y a sur la même latitude d’hiver» aussi dur ou aussi long, d’été aussi brûlant. La Russie demeure étran-» gère aux grandes influences qui réchauffent le reste de l'Europe , à celle» du Gulf-Slream comme à celle du Sahara . Elle est le seul des pays sep-» tentrionaux de l’Europe dont les .côtes ne sentent point les tièdes éma-» nations du courant du golfe du Mexique : la longue presqu'île Scandinave» qui s'avance entre elle et l'Atlantique, l’empêche d'être baignée par le» grand « fleuve d'eau chaude » que le nouveau monde envoie à l’ancien.» Au lieu du Gulf-Slream ou des déserts de l'Afrique , ce sont les glaces» du pôle, c'est la Sibérie, la région boréale de l'Asie , qui tiennent la» Russie sous leur influence. Contre ce voisinage, l'Oural n’est qu'une» faible barrière. En vain la Russie s’étend-elle, vers le sud, à la lati-» tilde de Pau et de Gènes, il lui faut descendre jusqu’au-dessous du» Caucase pour trouver un rempart contre les vents du nord. La confor-» mation du sol, plat, déprimé, la laisse ouverte à tous les courants de» l'atmosphère, aux souffles desséchants des déserts du centre de l'Asie » comme aux vents du cercle polaire. » (Anatole Leroy-Beaulieu.) A Mos-cou, qui est sous la latitude d'Edimbourg et de Copenhague , la températuremoyenne de l'hiver est de — 16° (à Edimbourg + 2° 8; à Copenhague— 0° 5). La température moyenne de l’été, qui est à Edimbourg + la 0 , àCopenhague + 17° atteint 18 degrés à Moscou; à Saint-Pétersbourg , enjuillet + n°33, en janvier 8°75; à Odessa , en juillet + 22°63; en jan-vier — 4°93; à Astrakan, en juillet 4- 16°78, en janvier — 13°41).Il y a parfois sur l'Oural des différences de 80 degrés entre les extrêmes defroid et de chaud. Les vents, sont secs, surtout au sud, oh l'on trouve desplaines stériles et déboisées. L’hiver souffle « le bourane ou chasse-neige,tempête de terre non moins effrayante que la tempête de mer. La neige,soulevée violemment du sol, se mêle à celle qui tombe d'en haut, en sorte quela terre semble se confondre avec le ciel. Tous les objets disparaissent dansune obscurité trouble, les chemins s’évanouissent dans le tourbillon dontles vagues menacent d’engloutir les troupeaux et les voyageurs. » (A. Leuoy-Reaulieu, Revue des Deux Mondes , la oct. 1873.)

Littoral, îles. — La Russie n’a que 8 800 kilom. environ de rivages, surdes mers peu favorables à la navigation : 1° Mer Glaciale du Nord, geléeet impraticable 8 à 9 mois par an; de l’est à l’ouest, elle forme la mer deKara au sud-est des terres de la Nouvelle-Zemble .et de Pile Vaigatch;la baie profonde de Chaipudyrskaia et Pile Dolgi, la baie de Bolwans-Icaia, et les innombrables bouches de la Petchora , que domine au nord-ouest la péninsule terminée par le cap Ruski ; la baie de Tchesskaia ansud de lile Kalgouef; la vaste péninsule de Kanin, au sud-ouest delaquelle s'ouvrent le golfe de Mezen avec Pile Walross, et la merBlanche , prolongée dans la plaine russe par trois baies profondes et pois-sonneuses, celle d'Arkhangel, d'Onega et de Kandalaskaia; la dernièrebaie est celle de Varanger. — 2° Mer Baltique (Ost See), dont lesmarées sont insensibles, mais sujette à des crues locales et irrégulières,hautes parfois d'un mètre; les courants sont dangereux, les vents irrégu-liers et inconstants ; les orages fréquents et violents ; Peau peu profonde,les récifs nombreux; elle gèle tout l’hiver, au nord. On entre dans laBaltique par les détroits danois (voy. p. 240) ; son bassin forme quatre golfes :à l’est, ceux de Danzig (Allemagne), de Riga , long de 120 kilom., largede 140, fermé au nord par les iles Dago, Œsel; de Finlande (570 kilom.sur 60 à ltO), très découpé, bordé d’iles et de rochers, plus profond, lo-