738 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
saines, va s’unir à la Koura ; leur immense delta finit au nord de la baiede Kysylagatsch. — 2° Versant de la mer Noire. Au sud du Cau-case, le Tchorok a ses sources en Turquie, entre en Russie à Ochor, de-vient navigable à Artvin , franchit la gorge d'Enfer, et finit par un delta ausud de la forteresse de Batoum ; — le îiion (ancien Phasis ) naît dans lesglaciers du Caucase central, reçoit de nombreux affluents, arrose le paysde Ratcha et Koutaïs. et finit à Poti , dans une région basse, malsaine,mais très fertile ; — VIngour, rivière sortie des mêmes glaciers, par desgorges profondes, arrose la plaine malsaine et fertile de la Mingrélie , etfinit à Anaklija. — Le versant septentrional du Caucase envoie toutes seseaux au Kouban, descendu de l’Elbrouz , large de 100 à 200 m., et parfoisde 1000 pendant ses crues de printemps et d’automne; il est navigable, etles vapeurs le remontent jusqu’à la voie ferrée de Rostov à Vladikavkas ;il forme un immense delta marécageux, et verse ses eaux moitié dans lamer d’Azof, moitié dans la mer Noire ; il passe à Yekatérinodar. — Le Don(Tanaïs) (2150 kilom., avec ses détours), issu d’un lac situé près de Toula ,coule au sud, et reçoit le Voronéje, puis au sud-est, comme s’il allait finirdans le Volga , dont il n’est séparé que de 75 kilom. : il traverse la régionde la Terre Noire, est navigable 250 jours par an, et devient une merlarge de 30 kilom. pendant "les crues. Il finit au fond de la mer d’Azov :son principal affluent à droite est le Donetz , qui traverse un bassinhoniller des plus riches ; à gauche, le Manytch, dont les eaux, en tempsde crue, vont aux deux mers opposées. — Le Dniepr (Borysthène ),1800 kilom. est la principale rivière du Tchernoziom ou Terre Noire; ilnait au sud du Valdaï, coule à l’ouest parallèle à la Duna, jusqu'à Orcha ,devient navigable à Smolcnsk, se dirige au sud jusqu’à Kiev , traverse unplateau granitique, et va finir à la mer Noire par un vaste liman, où il seréunit au Boug. Sa largeur moyenne de 600 à S00 m., atteint en tempsde crue 10 kilom.; il gèle 3 mois par an.
« C’est dans l’intervalle entre les deux villes d’Iekatérinoslaf et d’Alexan-» drofsk, que se trouvent, dans un espace de plus de 60 verstes, les fa-» meuses cascatelles [poroghi), auxquelles les Cosaques Zaporogues ont» emprunté leur nom... On compte ordinairement 13 chutes, dont plu-» sieurs disparaissent au printemps, pendant les hautes eaux, et ne» laissent plus voir que des tournants dangereux à la navigation, sans la» rendre précisément impossible. On sait qu’autrefois, les Cosaques, dans» leurs tchaïks, franchissaient intrépidement ces tourbillons et les cata-» rades elles-mêmes. Le lit du fleuve, rétréci jusqu'à n’avoir plus qu'en-» viron 400 m. de largeur, est encaissé dans les roches granitiques ou cal-» caires dont les blocs détachés l’encombrent. En luttant avec ces difficultés,» le fleuve, dont la pente est si forte qu’il entraine tout, mugit, se couvre
» d'écume et lance son eau à une hauteur considérable. Quand ces diffi-
» cnltés proviennent de bancs de rochers continus, mais dentelés à leurs» extrémités supérieures, et présentant ou des pyramides ou des cônes, ou» aussi des masses arrondies, ce sont alors les véritables poroghi, chutes» ou gradins; les habitants d'alentour en comptent aujourd'hui 9; mais en» outre ils comptent 9 sabory ou pérébory, c’est-à-dire rampes, parois» qui occupent seulement un point du lit du fleuve et permettent plus
» facilement le passage. Les poroghi se prolongent sur un espace de
» 23 milles : sur ces points-là, il n'y a pas de navigation possible en été,» par les basses eaux. Dans la saison plus favorable, les passages pra-» tiqués, à grands frais et avec de grands efforts, par les ingénieurs, pér-il mettent aux radeaux et aux barques, conduits par d’habiles pilotes, de