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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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7CO LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

» tous deux par leur face plate une lointaine parenté avec le Lapon et le» Samoyède. A l’est sont les représentants des autres groupes de la race» finnoise disséminés dans le bassin du Volga , du nord au sud de l’empire,» et montrant des traits de moins en moins européens , de moins en moins» nobles : des Permiens, des Vutiaks, des Tcbérémisses, des Mordvines et» des Tchouvaches, au milieu desquels se distingue par sa beauté orientale» une jeune Tartare de Ka’zan. En face, à l'occident, sont les paysans let-» ton, samogitien et lithuanien, puis le Riélo-Russe, au visage carré, con-» trustant avec un marchand et un artisan juifs à la mine longue, au nez» effilé. Au milieu de la salle, sur une large estrade, ligure le maître de» l’empire, le Grand Russe, dans toute la diversité de ses métiers et de» ses costumes provinciaux, — les hommes en lapti d’écorce ou en grandes» bottes, avec la blouse rouge ou le grand caftan, les femmes en riches» sara fanes, avec des kokochniks en forme de diadème ou des potcheloks» en forme de couronne. Au-dessous des Grands Russes se tiennent les» Petits Russes, aux traits plus fins, aux vêtements plus élégants, les» hommes coiffés de hauts bonnets de peau de mouton, les jeunes filles de» fieurs entrelacées de rubans. Derrière les Petits Itnssiens viennent les» Polonais, et, de l’ouest à l'est, toutes les nombreuses populations du sud» de l'empire, un couple moldave de Ressarabie, un mourra ou prince» tatar de Crimée , voisin d’un mendiant tsigane, une fiancée caraïte, fille» d'un de ces Juifs, ennemis des autres, qui prétendent descendre des dix» tribus déportées par Nabuchodonosor, — deux colonistes allemands de» la Nouvelle Russie ou du bas Volga, encore aussi différents des Russes » par le type et le costume qu’au jour de leur émigration. Au sud-est» figurent les tribus musulmanes ou bouddhistes des steppes orientales,» avec leurs traits asiatiques, leurs habits éclatants : Kirghiz portant la« tubcteika, sorte de bonnet pointu, Kalmouks des gouvernements de» Stravopol et d’Astrakhan , au visage complètement chinois, vêtus du bech-j met de soie ou de velours aux couleurs les pins tendres. A côté est une» femme bachkire d’Orcnbourg ou de Samara, en khalat de drap rouge et» coiffée du kachbaru orné de pièces de monnaie. A l’extrême sud se» montrent les peuples du Caucase, les plus beaux du monde par les traits,» les plus élégants par le costume; c’est un marchand arménien en simple» caftan noir, un de ces marchands établis dans le sud-est de l’empire, un» Teherkesse ou Circassien chaussé de maroquin rouge, portant le caftan» garni de cartouchières et le bachlik de poil de chameau, qui sert tour à» tour de capuchon et de manteau, — un Géorgien aux lapti de cuir, vêtu» (l'un arkhalouk et d’un tcliokha aux longues manches brodées, fendues» sur le devant. Une Mingrélienne en robe de soie bleu clair porte le» le.lchalti, long voile de mousseline, et une femme kurde des bords de» l’Araxe , en clïemise de soie et en pantalon de satin rouge, a un anneau» passé à travers les narines. L'Arménienne, en khalat vert, s’enveloppe» d’un de ces immenses voiles dont s'entourent pour sortir les femmes du» Caucase; la Géorgienne en robe de satin noir, avec un corsage violet clair» et un bandeau de brocart pour coiffure, danse en agitant un tambour de» bisque. Derrière la grande salle, dans une niche obscure, un groupe à» demi nu des derniers guèbres de Rakou adore le feu sacré. L’impression» bigarrée que donne ce musée, où un seul Etat offre tant de types hu-» mains, une simple carte ethnographique de la Russie la donne presque» au même degré. Les couleurs ont à peine assez de nuances pour qu’on» en puisse assigner une à chaque tribu, et par leur variété et leurs bizarres» entrelacements elles rappellent les cartes géologiques des pays aux for-