852 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
— L'ile possède aussi de l’étain, du plomb, de l’aimant, du marbre, dugranit, des ardoises, du kaolin, des salines. Elle produit des vins et desfruits exquis. La pèche du thon et de la sardine forme, avec l’extractiondes mines, la principale industrie des habitants. — La capitale est PortoFerrajo, 6000 hab., forteresse et port de la côte septentrionale ; les autreslocalités sont : Iiio, à l’est, sur les gisements de fer ; Porto Longone ,mouillage de la côte orientale; Marciana , à l’ouest, près du mont Ca-panne, sur la baie de Procchio, célèbre par les pêcheries de thon.
Sicile. — Ancienne Trinacria (ile aux trois pointes), la Sicile est sé-parée de l’Italie méridionale par le détroit de Messine (larg. 3 kilom.),ouvert à une époque géologique récente. Elle a 27a kilomètres dans saplus grande largeur; sa superficie est de 29 241 kilom. car.; sa populationde 296S000 hab. (en 1882); ses points extrêmes sont les caps ai Faro ,au nord-est ; di Palo, au sud-est; Lilibeo, à l’ouest. — Les côtes du nordsont hérissées de promontoires (caps Milazzo, d 'Orlando, Cefalu , Ca-talfano; golfes de Termini, de Païenne, de Castellamare)’, — à l’ouest,le littoral se prolonge en mer par des bancs de sable et des rochers; làsont les îles Ægades, Favignana, Marilimo, Levanzo , dont les paragessont redoutables ; — au sud, la côte est régulière, mais les ports rares etdangereux (caps Granitola, San Marco: ile volcanique de Pantelleria ) ;
— à l'est, les rades sont plus sures (golfes de Siracusa, Agosta, Catane ).
— La Sicile est un plateau onduleux, haut en moyenne de 500 mètres,incliné vers le sud. Le long de la côte septentrionale court une hautechaîne qui part du cap di l'aro et parait être le prolongement de l'Aspro-monte calabrais; elle renferme les monts Pelore, le Bosco di Caronia,les monts Madonia, revêtus de superbes forêts (pic Antenna , 1970 m.),et projette dans la mer Eolienne d’énormes contreforts et de hardis pro-montoires (monts Cefalu , Catalfano, Pellegrino, énorme rocher qui do-mine Palerme ; caps di Gallo, Santo Vito, 920 m. ; Santo Giuliano, 700 m.).De cette chaîne côtière se détachent vers le sud des ramilications moinsélevées; tels sont le mont Cammarala, 1 580 m., au centre de File, entreTermini et Girgenti ; la chaîne de Sort, au sud-est (mont Lauro, à l’ouestde Syracuse, 960 m.). La gigantesque masse volcanique de l’Etna formeun groupe parfaitement isolé, de 150 kilom. de circuit et de 45 de dia-mètre; son sommet, tour à tour élevé ou déprimé par les éruptions volca-niques, s’élève à 3 305 mètres. Les pentes du redoutable volcan, dont lecratère ne s’est jamais éteint, sont revêtues, comme la plaine qui l'envi-ronne, d'une admirable zone de cultures ; c’est la région la plus fertile etla plus peuplée de la Sicile . Partout dans l’ile se fait sentir l’action volca-nique ; le lac de Pergusa, au sud de Castrogiovanni , occupe le fond d'unancien cratère ; du milieu du lac dei Palici. entre Caltagirone et Catane ,des bulles de gaz se dégagent, qui font parfois bouillonner l’eau à 0 m ,70de hauteur et tuent les oiseaux qui passent et les petits animaux qui ap-prochent de ses bords; le Maccalubbc, à 11 kilom. au nord de Girgenti ,est un plateau boueux qui porte une quantité de petits cônes terminés encratères d’où s’échappent, de moment en moment, des bulles d’air quicrèvent en versant des coulées d’argile froide et salée. Les tremblementsde terre sont fréquents ; et les gisements de soufre nombreux proviennentd’épanchements volcaniques. — Les cours d’eau les plus importants de laSicile sont ceux du versant méridional : le Belici, le Plalani, le Salso, leMuratio, le Dirillo. Sur la côte orientale se jettent le Simeto, qui enve-loppe l’Etna à l’ouest et au sud; VAlcantara, qui le limite au nord. De lachaîne du nord descendent des torrents (fiumare) que l'été dessèche. Le