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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Les éruptions de l'Etna ne se comptent plus. Depuis la fui du quinzièmesiècle, il n'y en a pas eu moins de 55. Celle de 1669 fut une des plusterribles; elle fendit le sommet du volcan en trois et produisit les côneslatéraux des monts Rossi: 30 000 personnes périrent. Les éruptions de1693 et 1753 furent accompagnées d'épouvantables tremblements de terre.L’ascension de l'Etna se fait maintenant en toute saison; on y met neufheures en partant de Catane . A 3 000 mètres, la Casa degli Inglesi (maisondes Anglais ), restaurée et agrandie parles soins du club alpin italien, offreun abri et un lieu de repos confortable aux touristes. Le pourtour inférieurdu volcan forme un cercle irrégulier d’un développement de ISO kilomètres.Les flancs de la montagne changent d’aspect suivant l’altitude : une pre-mière zone, la zone méridionale ou zone verte jusqu'à 1100 mètres, estd'une admirable fertilité, due aux laves délitées et aux cendres qui recou-vrent le sol; les blés, les vignes, les,orangers, figuiers, oliviers y donnentde superbes récoltes et des fruits exquis ; soixante-dix ou quatre-vmgt villesou villages sont bâtis dans celte terre privilégiée. Plus haut jusqu’à1 800 mètres, s’étend la zone boise'e, sombre; le chêne vert, le hêtre, lepin, le sapin et le bouleau y poussent au milieu des broussailles ; mais lahache du bûcheron y pratique des trouées irréparables: plus haut enfinest la région blanche ou ignée, où cesse peu à peu la végétation, et où laneige, dans les sommets dénudés, fond au souffle embrasé des cratères.
» Au-dessus du beau village de Via-Grande se dresse le côned’éruption le plus rapproché de la mer et l’un des plus éloignésdu cratère central de l’Etna ; c’est à la base de ce monticule,aux flancs rouges et noirs plantés de vignes, que commence lavéritable ascension de la montagne, dont la cime se montre aunord-ouest, à dix-huit kilomètres de distance linéaire. Au delàd’une ancienne coulée de lave revêtue d’oliviers, l’aspect descampagnes change brusquement. On ne voit plus autour de soiune mer de verdure, mais seulement des rangées basses de cepsde vigne et des champs de céréales dominés par des murs descories rougeâtres : on se trouve déjà dans la région du feu.
» Après avoir escaladé successivement plusieurs cheires delave, on aperçoit, à côté de la route, quelques maisons bassesqu’on dirait avoir été construites en scories de fer et qui, de loin,se confondent par leur aspect avec les terrains environnants.Ces masures sont un quartier du grand village de Nieolosi quis’étend, sur un espace de plus d’un kilomètre, entre deux grandscourants de lave, au centre d’une espèce de cirque dominé àl’ouest et au nord par des cônes d’éruption, le Monpilieri, lesIVIonti-Rossi, la Serra-Pizzuta.
» La plupart des étrangers se bornent à gravir l’une des deux