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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

rissé de villes et de forteresses, les hautes péninsules de laCalabre et les volcans épars de l’Eolie, fils de l’Etna , que lesforces à l’œuvre dans le sein de la terre ont l'ait lentement sur-gir du fond de la Méditerranée. La puissante masse du volcan,dont le diamètre n’a pas moins de quinze lieues, s’étale large-ment au-dessous du cratère terminal avec ses zones concen-triques de neiges, de scories, de verdure, de villages et de cités.Tous les détails de l’immense architecture se révèlent à la fois;on distingue les contreforts et les abîmes, les courants de lave etles monticules d’éruption, pareils à de grandes fourmilières.Suivant les diverses heures du jour, on voit l’ombre gigantesquede l’Etna , accompagnée, comme par une armée, des ombresde toutes les montagnes qui lui font cortège, diminuer lente-ment ou bien s’allonger peu à peu et se projeter au loin surles plaines et sur la mer. Les nuages qui flottent dans l’étendueau-dessus de la cime du volcan moditient incessamment l’aspectde l’immense tableau : les uns s’effrangent aux cimes inférieureset se déroulent en écharpes transparentes, les autres s’amas-sent en lourdes assises et voilent tantôt un groupe de monta-gnes, tantôt une région de la mer; parfois aussi, ils remontentles pentes de l’Etna sous forme de brouillard, puis, après avoirlimité le champ de la vue à un horizon de quelques cen-taines de mètres, se déchirent pour laisser voir de nouveaul’espace illimité. D’ailleurs, rien de plus facile, même lorsque letemps est parfaitement clair, que d’être le témoin de cette tran-sition soudaine. En se plaçant au milieu des épaisses fumerollesqui jaillissent le plus souvent de l’une des pointes du cône,on reste pendant quelques instants comme perdu dans la fuméed’une fournaise; puis, qu'une bouffée de vent emporte lesvapeurs, et l’on revoit comme par magie les flancs de l’Etna , lescôtes si gracieusement dessinées de la Sicile , et la mer, telle-ment rapprochée en apparence, qu’on est tenté de faire unsaut pour s’y plonger.

» J’employai plus d’une heure et demie à faire le tour ducratère, qui pourtant n’a guère qu’un kilomètre de circonférence,et qui le cède de beaucoup en grandeur à celui de l’île éoliennede Yolcano ; mais je ne pouvais me lasser de la vue du gouffreet de l’étonnant contraste que présentaient les abruptes parois ducratère, rayées de rouge et de jaune d’or, et les plaines ver-doyantes déployées autour de la montagne. Du reste, aucundanger dans cette exploration. Le pas le plus difficile à franchir