2 BIBLIOTHEQUE HISTORIQUE ET MILITAIRE.
Cathelineau , nomme general en chef des Vendeens au commencement de juin,entre a Angers et marche sur Nantes mis en etat de siege ; il y est repousse et blessemortellement. Niort est prispar les Vendeens; Purtenay, par Westermann .
En juillet Westermann est baitu ä Chätillon; les insurges le sont ä Lu<jon. D Elbee ,qui remplace Cathelineau , est defait ä Martigne-Briant, et les republicains le sont äVihiers. Rossignol succede ä Biron, destitue , dans le commandement de l'armee descötes de la Rochelle ; Le general Tuncq bat les Vendeens ä Lur;on; l’ignorant Ros-signol demande sa destitution et ne peut l’obtenir.
Le mois d’aoüt n’a d’autre evenement qu’une deuxieme defaite de l’armee ven-deenne ä Luqon.
L’armee qui avait defendu Mayence est envoyee en Vendee ; eile y arrivele 6 sep-tembre, et bientöt les combats de Montaigu et de Thouars signalent sa presence etcelle d’Aubert-Dubayet, Kleber et Marceau. L’incapable Santerre se fait battre äCoron; Torfou, Montaigu, Saint-Fulgent et Clisson sont les theätres de nouvellesactions sanglantes. Les republicains rentrent ä Montaigu et ä Clisson; ils combattentaussi ä Saint-Symphorien.
En octobre, les differentes armees emplovees contre les revoltes sont reunies enune seule sous la denomination d’armee de l'Ouest; l’Echelle, creature de Car-rier et.xlu Comite de Salut Public, en est nomme general en chef. HeureusementKleiber est au nombre des generaux forces d’ob ir ä ce miserable , et dirige unepartie des operations. Les Vendeens, battus au Moulin-aux-Chevres, ä Chätil-lon, ä Saint-Christophe, ä laTremblaie, perdent,le 17,1a bataille de Chollet,oü d’Elbee est blesse grievement et ßonchamps frappe ä mort. Laroche-Jaquelein quiremplace d’Elbee est defait le lendemain ä Beaupreau. Les Vendeens se retirent endesordre sur Saint-Elorent, et se determinent ä passer la Loire , Ils s’avancent versle nord, prennent Chäteau-Gonthier et Laval , battent les republicains ä la Croix desbatailles, ä Entrammes et ä Craon. L’armee, indignee de voir ä chaque affaire la fuitedel’Echelle, le chasse, et il meurt de honte; Chalbos le remplace. L’armee des in-surges se dirige sur Granville .
Le 2 noveinbre, les Vendeens entrent ä Mayenne ; ils sont ensuite vainqueurs äErnee et a Fougeres , et perdeni Lescure qui meurt de ses blessures, Kleber reorga-nise l’armee republicaine et les poursuit. Ils prennent Avranches et se presententdevant Granville . Leur attaque est repoussee, le desordre se met parmi eux, ils battenten retraite sur Pontorson. Rossignol, qualifie de fils aine du Comite de Salut-Public par les representants, est mis ä la tete de l’armee republicaine-, son incapacite paraitetre un titre aux yeux des fougueux commissaires de la Convention. De nouveauxcombats se livrent ä Dol et ä Antrain, oü les republicains sont repousses et rejetes surRennes; Angers est attaque par les Vendeens. Rossignol renvoye est remplace parMarceau.
Les revoltes, chasses de devant Angers , se retirent le 8 decembre sur la Fleche et surle Mans qu ds occupent, mais dans cette derniere ville ils sont forces d’accepter unebatailleoü ils sont ecvases. Ils fuient vers Laval et Ancenis , tentent en vain de repassera Loire (Laroche Jaquelein seul yparvient), et se sauvent sur Blain et Savenay oü alieu , le 23, leur entiere defaite et leur dispersion totale.
La Grande-Vendee n’est plus. Lescure, Bonchamps, d’Elbee, Talmont , Royrandsont morts ou hors de combat. Laroche-Jaquelein sans armee n’a plus que peu dejours ä consacrer ä la cause royaliste ; Charette et Stofflet , seuls chefs importants,combattront encore pour arriver ä une fln plus cruelle.
Charette , piace ä la töte de la Basse-Vendee , refusä de se joindre ä l’expeditionsur Granville , etn’eut, pendant sa duree, que quelques rares engagements contre legeneral \ imeux qui fut vainqueur ä Machecoul, le 2 decembre.
Le general royaliste , bloque dans File Bouin, y est attaque par Ilaxo, et parvientä se saüVer en abandonnant l’ile aux republieainst TurFeau est nomme general enchef en remplacement de Marceau; c’est encore une creature du Comite de SalutPublic qui semble ne vouloir conserver aucun homme de merite.
1794.
Le janvier, Charette s’empare de Machecoul; il en est chasse le lendemain.Noirmoutiers est pris, d’Elbee fusille; des colonnes incendiaires parcourent la Basse-Vendee et leurs exces raniment l’insurrection. Le chef royaliste, toujourß actif etaudacieux, obtient encore des succes ä Chance et Lege, mais il est battu le 10 fevrierä Saint-Colombin.
Le 4 mars, Laroche-Jaquelein, qui n’est plus entoure que de quelques paysansdevoües, meurt en heros au combat de Trementine; Stofflet le remplace dans lecommandement de la Haute-Vendee et s’empare de Chollet, d’oü il est deposte lelendemain. Haxo succombe au combat de Venanceau livre par lui ä Charette,
La Haute-Vendee est plus que jamais en proie a l’insurrectiom Le 30 avril ,Mortagne est pris par Marigny ; Challans est attaque sans succes par les Vendeens.Turreau , repousse par Findignation generale, est remplace par Vimeux qui etablitquatorze camps retranches et fait cesser les horribles executions des colonnes incen-diaires. Charette et Stofflet font füsilier le brave Marigny leur collegue, commandantla Vendee centrale, et Joly, autre chef influent; puis ils se partagent le commande-ment general et ne tardent pas ä se detester.
De nombreux engagements sans importance ont lieu pendant les mois de mai,juin, juillet et aoüt.
Le 5 septembre, les camps de la Rouliere et de Freligne sont forces par lesVendeens. Mais la journee du 9 thermidor met un terme aux mesures sangui-naires du Comite de Salut Public . Dumas , puis Canclaux , sont mis ä la töte de l’ar-mee republicaine ; le calme renait un peu, des negociations s’entament.
1795.
Le 17 fevrier, Charette fait sa soumission ä La Jaunais, et le 26 son entree ä Nantes .Cormatin et les principaux Chouans Limiten t le 20 avril ä la Mabilais; le 2 mai,Stofflet, qui, par haine contre Charette , n’avait pas voulu suivre son exemple, sevoyant abandonne des siens, se decide ä solliciter un traite semblable et l’obtient.
La Chouannerie, quidoit son nom au paysan Jean Cliouan, commenea en Bre-tagne par une espece de brigandage qu’exergaient d’anciens contrebandiers ;des gentilshommes s’etant joints a eux, l’insurrection s’etendit, et le comte de Puisayeen devint le general en chef. Neanmoins aucune action importante n’avait encore eulieu; cette guerre se bornait ä des attaques nocturnes, ä des pillages, ii des meurtres,et les insurges chouans n’avaient jamais tenu devant une colonne republicainö.Puisaye cherßha ä l’agrandir; mais cet homme, habile et remuant, battu ä plate