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Atlas formant le tome VIII.
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BIBLIOTHEQUE HISTORIQUE ET MILITAIRE,

arme de quarante pi£ces de canon et defendu par vingt mille hommes d’infanterieturque. Au ceritre etincelait la brillante cavalerie des mamelucks, composee de dixmille de ces hardis soldats, servis cbacun par trois fellähs armes ä la legere; huitmille cavaliers arabes formaient la gauche (rert emeraude).

A la vue de cette redoutable masse, des gigantesques pyramides qui la dominaient,du fleuve immense Charge de barques, du magnifique paysage anime par lesquatre cents minarets du Caire , encadrant tous ces objets grandioses et nouveauxpour eux, nos soldats furent frappes de surprise et d’admiration. Leur ardeur s’enaugmentait, mais eile fut portee jusqu’ä l’enthousiasme par ces heiles paroles que legeneral en chef leur adressa en les guidant au combat: « Soldats! songez que duhaut de ces pyramides quarante siecles vous contemplent I »

Bonaparte a forme son armee en carres par divisions : Desaix est ä la droite avec lasienne et celle de Regnier; la gauche, composee des divisions Bon et Menou, est sousles ordres du general Yial; la division Kleber, commandee alors par Dugua, occupele centre oü se tient le general en chef ( bleu).

On marche ä l’ennemi. Desaix , evitant les feux du retranchement d’Embabeh, seporte, en obliquant ä droite, sur le village de Bechtil, tandis que Vial se prepare äassaillir la droite de Mourad (rouge carmin). Celui-ci, ä la vue de ce mouvement, endevine le but et les consequences, et pour en arreter reffet, lance sa cavalerie (jaune)sur notre droite. Elle court, rapide comme la foudre, se jeter entre les divisions deDesaix et de Regnier. Desaix , un instant ebranlepar cet ouragan, raffermit son carreet oppose un mur defeu et d’aeier aux attaques redoublees, aux charges desespereesdes mamelucks.

Vial, avec ses deux divisions (rouge carmin ), s’est dirigerapidement sur le retran-chement, malgre les decharges de l’artillerie qui le garnit; ses soldats s’elancent surcet ouvrage; ils y penelrent la baionnette en avant, mettent l’infanterie turque enderoute, enleventle village d’Embabeh et s’emparent de toute l’artillerie. Lesfantas-sins turcs sont refoules vers le Nil .

Les mamelucks, sans se laisser decourager, epuisent leurs efforts contre la valeur

tranquille et disciplinee de nos carres: foudroyes par la mousqueterie, haches par lamitraille, ils viennent mourir aux pieds des soldats qui ont ä se defendre contre cesmourants memes. Quoique leurs plus braves chefs soient tombes avec une foule decavaliers sans pouvoir entamer les forteresses vivantes que Dugua, Regnier et Desaix commandent, ils reviennent encore ä la Charge; mais, bientöt apres la prise dEni-babeh, mamelucks, fellähs, infanterie turque, se voient resserres par nos divisionsqui les pressent entre elles et le fleuve, et les ecrasent avec leur artillerie et celle priseä Embabeh. Tourbillonnant dans ce cercle de feu, frappee de vertige, ne trouvantplus d’issue pour echapper a la mort, cette brave mihce est detruite en grande parlie,deux mille cinq cents echappent a la mort en fuyant avec Mourad sur Gizeh et laHaute-Egypte (aurore). Les fellähs et l’infanterie, reduitsde moitie, se jettent dans lefleuve, et quelques milliers se sauvent ä la nage.

Ibrahim-Bey qui, avec douze cents mamelucks et quatre mille fellähs {vert), avaitassisle, de l’autre rive du Nil , äla defaite de Mourad, opere sa retraite ( aurore) enincendiant les nombreuses barques qui couvraient le fleuve et portaient les richessesdes mamelucks et des Turcs.

Regnier et Desaix , apres avoir suivi la retraite des mamelucks, viennent se reuniräMenou, campe ä Gizeh; Bon et Dugua sont en face de 1 ile Boulak (violet).

La nuit meme un detachement entra dans la ville du Caire qui fut definitivementoccupee le lendemain par les troupes franqaises. Bonaparte etablit son quartier gene- \ralä Gizeh.

Cette bataille des Pyramides , dont il estimpossible de peindre la grandeur, et quela poesie seule a retracee dignement, fut livree par dix-huit mille fantassins et deuxmille cavaliers et artilleurs, ä une armee de soixante-huit mille hommes.et ValutaBonaparte, dont eile revelait le genie, la conquete de l’Egypte , la reconnaissancßde la France et de l’armee, et l’admiration dumonde entier.

On a vu quelle perte immense avait ete supportee par Parmee de Mourad; celledes Fran^ais fut de trois cents tues seulement.

BATAILLE NAVALE D’ABOUKIR.

( 1 « Aoüt 1798.)

Napoleon, aussitöt apres son debarquement ä Alexandrie , avait donne l’ordre äl’amiral Brueis, commandant l’escadre qui l’avait transporte en Egypte , d’entrer dansle port de cette ville, de s’y preparer ä une prochaine attaque de la part de la flotteanglaise, ou, si les circonstances le permettaient, de se rendre ä Corfou L’amiral,malgre cet ordre et les avis de ses ofticiers les plus instruits, s’obstina ä conserver saPosition dans la rade d’Aboukir, oü il forma une ligne d’embossage. Elle ne lui offrait

aucune securite; neanmoins il y resta depuis le 2 juillet, jour du debarquement, jus-qu’ä celui oü il devait si cruellement expier son imprudence.

Nelson qui, depuis les preparatifs de depart de l’armee d’Orient, n’avait cessed’epier , devant Toulon , le moment oü l’expedition sortirait du port, en avait eteecarte par un coup devent, le 19 mai, jour möme de la sortiede la flotte. Il y revintcroi-ser avectreize vaisseaux,le l w juin, ignorantqu’ellen’y etaitplus;puis 3 desabuse.ilalla