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Tome premier.
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LES ECOLES D’ARTS ET METIERS.

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ouvriers du faubourg Saint-Antoine les portes de son musee de l’ho-tel de Mortagne, un gentilhomme d’humeur liberale et de goütsindustriels, le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, fondait dans sesdomaines une ferme-modele et une ecole des arts et metiers desti-nee, dans le principe, ä des enfants de militaires sans fortune. Eloi-gne de la cour, en 1769, par l’influence de la Du Barry, La Rochefou-cauld-Liancourt s’etait rendu en Angleterre, oü il avait passe letemps d’une facon peu ordinaire aux gens de sa condition — surtoutsi l’on songe qu’il n’avait guere plus de vingt-deux ans, — soit, a etu-dier les procedes industriels et les methodes d’agriculture; il avaitdonc une competence reelle lorsque, ä son retour dans ses terres, ildecidait la creation de son ecole et de sa ferme.

L’ecole des arts et metiers de Liancourt , dite Ecole de la Mon-tagne , prospera si bien, qu’en 1788 eile comptait Cent trente eleves.Louis XVI la prit alors sous son patronage et lui donna le nomd’Ecole des enfants de la patrie. Mais les evenements politiques netarderent pas a detourner les esprits, et pour longtemps, des travauxde la paix; le patronage royal devint bientot une pure fiction, et LaRochefoucauld dut emigrer. L’ecole fut toutefois recueillie par legouvernement de la Republique , qui la declara nationale et luidonna une Organisation toute militaire, sous le nom de Prytaneefrancais; en meme temps, eile etait installee au chateau de Com-piegne.

Le premier consul etant venu faire une visite au Prytanee , versle commencement de 1803, decretait son erection definitive en ecoled.’arts et metiers, ä la date du 25 fevrier suivant. Un an plus tard,le 19 mars 1804, une seconde ecole d’arts et metiers etait creee aAngers . Enfin, un arrete du 5 septembre 1806 transferait l’ecole deCompiegne a Ghalons-sur-Marne, oü eile est demeuree.

Depuis, les deux ecoles ont traverse bien des vicissitudes, eteiles ont ete plus d’une fois detournees de leur veritable destination,qui est de former des ouvriers instruits et capables de diriger desateliers, jusqu’a ce que l’ordonnance du 23 septembre 1832 les yramenat. En vertu de cette ordonnance, l’enseignement theoriquefut fortifie, tandis que l’enseignement pratique, quelque peu desor-donne jusque-la, fut divise en quatre classes d’ateliers distincts, quisont : 1° la forge ; 2° la fonderie de fer et de cuivre et les mou-lages ; 3° la serrurerie et l’ajustage; 4° le tour, le modele et la menui-serie.

Cette reorganisation fit le plus grand bien aux ecoles d’arts et