LA BRIQUETERIE.
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que nous n’avons fait que perfectionner, sous ce rapport, les procedesemployes par les constructeurs de la tour de Babel.
PROCEDES MODERNES. — On extrait la terre argileuse ä la fin del’automne ou au commencement de l’hiver, et on la. laisse jusqu’auprintemps exposee ä l’influence des agents atmospheriques, surtoutde la pluie et de la gelee, qui provoque une desagregation necessairedans la masse; on a, ä la verite, des appareils broyeurs pour suppleer,le cas echeant, ä la desagregation naturelle, mais Tun n’empeche pasl’autre. Pendant le cours de l’hivernage, l’argile ainsi exposee degagebeaucoup d’acid$ carbonique, et ce phenomene n’est probablementpas sans influence sur l’accroissenaent de ses qualites. Dans les gran-des briqueteries, on ne laisse pas de recourir au broyage mecanique,en faisant passer entre deux cylindres evoluant en sens contrairel’argile jetee dans une tremie qui l’y conduit. Des cylindres, la terretombe dans la fosse a trempage, sorte de puits garni interieurementde planches, et oü on laisse ensuite tomber peu a peu l’eau neces-saire, en remuant frequemment, — comme s’il s’agissait de faire dela bouillie.
TRAVAIL DES PETITES BRIQUETERIES. — Dans les petites brique-teries, et ce sont de beaucoup les plus nombreuses, on ne prend pastant de precautions. On trempe l’argile a la bonne franquette, en je-tant de l’eau dessus, puis un ouvrier, qu’on n’appelle pas corroyeurcomme a l’usine, mais simplement marcheux, pietine dessus de toutson coeur; quand il l’a bien petrie et debarrassee des matieres etran-geres qu’elle peut contenir, il en forme des vasons, c’est-a-dire degrosses mottes, qu’il passe a un autre. Cet autre, le vangeux , travaillea table et avec les mains; son office est de petrir le vason avec unsoin tout particulier, puis de le diviser en petites mottes, chacune apeu pres de l’importance d’une brique, et de les passer au mouleur.Le mouleur est installe ä un etabli; il a devant lui un moule carre enbois ou en fer, denomme cadre, et dans la main une plane , qui est uneespece de couteau de fer ou de bois ; le moule etant saupoudre de sablea l’interieur pour prevenir l’adherence de l’argile aux parois, l’ouvrierle remplit, comprime avec la main la terre qu’il y a mise et passe soncouteau sur la face libre pour la dresser. Le porteur s’empare alorsdes briques achevees et va les placer sur une aire bien plane et autantque possible abritee par un hangar, oü elles secheront en deux jours(s’il ne fait pas trop mauvais temps) assez pour que le doigt n’y laisse
A. Bitard. — Arts et Met. — Ed. J. Rouff. LlV. 16.