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de tons, une douceur et un moelleux qu’on ne trouverait pas meme surles porcelaines pate tendre de Sevres les mieux reussies. Ici, rien decommercial : M. Pinart ne fait que de l’art dans la plus pure accep-tion du mot. Ses ceuvres ont un cachet particulier qu’il est impossiblede retrouver ailleurs : il n’a et ne peut avoir ni imitateurs ni rivaux,tant qu’il ne devoilera pas le secret de sa palette. Ses camaieux bleuset pourpres possedent une onctueusite si singuliere qu’ils semblenttoujours mouilles d’une couche d’eau. Et dans ses fruits, fleurs et feuil-lages, la peche parait avoir son duvet, les prunes et les raisins conser-vent ce qu’on appelle la fleur, la pomme garde son vernis, les fleurs etles feuilles leur maturite ou leur brillant, et le tout offre des effets quel’on avait jusqu’alors declares impossibles en ceramique. »
Le Conservatoire des arts et metiers possede de M. Pinart unepiece en cama'ieu bleu, sciee en deux apres decoration, et dont unemoitie a ete laissee a l’etat cru. Cette curieuse piece, qui figurait äl’Exposition de 1867, est cataloguee ainsi : « Specimen de peinturesur email cru, regeneree des anciennes peintures sur faience. Fait etdonne par M. Pinart. »
Nous retrouverons plus loin les autres methodes de peinture, ega-lement applicables a la porcelaine ; mais nous devions signaler ici lapeinture sur email cru et ses merveilleux resultats, dont la fa'iencecommune peut etre consideree comme seule a profiter. Ajoutons quele secret de la palette de M. Pinart n’est heureusement pas absolu etque son invention, somme toute, est plutöt un perfectionnement degrande valeur; M. Bouquet, dont tout le monde a pu, a 1’Expositioiiderniere, admirer les paysages peints egalement sur email cru et vi-trifies ensuite au grand feu, possede une palette assez riche; et dememe, la gamme des couleurs employees de maniere identique, depuislongtemps, par la maison Pillivuyt (fabriques de Melun , Noirlac et Ne-vers) laisse peu de cbose a desirer.
Nous nous defions des procedes secrets, parce qu’ils se perdenttrop facilement. Mais il y a peu a craindre, aujourd’hui, sous ce rapport.
DEFINITION. — La pate de la faience fine est blanche, fine etcompacte, tres dure, sonore, capable de recevoir un faconnage tres