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Tome premier.
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LES AKTS ET METIERS ILLUSTRES.

ISO

France sous pretexte de religion, le chateau d’Oiron fut saccage etpille, et la manufacture de fa’ience qui y etait installee disparut sanslaisser la moindre trace; le Souvenir meme s’en effaca rapidement.Des 54 pieces bien authentiques qui restent aujourd’hui, commetemoignage de cette belle fabrication, 28 sont en France , 25 euAngleterre, et une seule en Russie . On pourrait sans doute en retrou-ver d’autres dans quelques chateaux du Poitou ou de la Vendee , oüont ete retrouvees les premieres; mais il n’est pas permis de faireautre chose ä ce sujet que des suppositions.

Procddis de fabrication. — Le caractere distinctif de la. fa’ienced’Oiron , c’est sa pale legere et delicate, pure terre de pipe, de texturesi fine qu’elle n’a aucun besoin de la couverte epaisse d’email colorequ’exige celle de la fa'ience italienne. Quant aux procedes de fabri-cation, on croit que la piece etait d’abord ebauchee a la main, lasurface parfaitement unie, du moins sans aucun relief, mais couvertede hacliures, puis enveloppee d’un mince engobe de la meme pate.Les ornements etaient alors rapportes : d’abord on gravait la surfacede la piece ainsi preparee a la maniere des emaux champleves, etles pates colorees etaient introduites dans les creux menages par lagravure. La piece etait ensuite polie, puis portee au four; eile rece-vait alors une simple glacure stannifere ou plombifere au chlorurede sodium, par un procede connu, que nous decrirons du reste plusloin, car les deux se rencontrent dans les specimens qui nous sontparvenus : ce sont, en general, des coupes, aiguieres, flambeaux,salieres, biberons, etc., a destinations exclusivement ornementales.

DScoration. — Ges pieces sont decorees d’apres un style uni-forme. Leur surface, couverte de petits dessins qui lui donnentl’aspect de l’acier damasse, porte des chiffres, des armoiries et desarabesques incrustees; des mascarons, des ecussons, coquilles, etc.en haut-relief et des cannelures de couleurs variees. Le chilfre deHenri II et les Croissants de Diane de Poitiers , qui ornent plusieursde ces pieces, avaient inspire le nom sous lequel eiles etaient connuesavant la decouverte de M. Fillon. On y remarque le monogrammedu Christ, ceux de Henri II et de Catherine de Medicis , la salamandrede Francois 1 er (invention du sieur de Roisy), les armoiries des Mont-morency-Laval, l’ecu de France , etc.

SECRETS PERDUS! — Le propre des meilleures choses, aux epoquestroublees, c’est de disparaitre sans que nul s’en apercoive, apresavoir mene une existence obscure et silencieuse, ayant a la verite