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Tome premier.
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LES AU TS ET METIERS ILLUSTRES

de serieux ne corrobore cette assertion, et il ne parait pas qu’on aitrien fait de comparable a cette belle poterie avant qu’un pauvrehomme de genie, surnomme avec raison le Palissy anglais , JosiahWedgwood , s’en melat.

JOSIAH WEDGWOOD . — Ge fut en 1763, vingt ans apres la mortd’Astbury, que Wedgwood, apres des tatonnements prolonges rappe-lant bien ceux du potier francais , mais moins tragiques, reussit enfina blanchir sa pate par l’addition de silex carbonise reduit en poudre.Ge fut encore le hasard qui le conduisit a cette decouverte. Tourmentepar la noble ambition de perfectionner les produits de son industrie, ilprenait toutes les especes d’argile sur lesquelles il pouvait mettre lamain et les essayait au four, soit isolees, soit melangees. A la fin, ilrencontra une motte d’argile extremement abondante en silice et qui,mise rouge au four, en sortit ä peu pres blanche et non brune commec’etait son devoir. Surpris du phenomene, il l’etudia de pres, avecgrande perseverance, car il n’avait alors aucune notion de chimie pourl’y aider, et finit par le reproduire artificiellement.

LA CREAM-COLOURED. — Ainsi fut decouverte cette faience-creme[cream-coloured wäre) qui fit la fortune et la gloire de Josiah Wedg-wood et de son pays, et dont la reine Charlotte fut si enthousiasmeequ’elle en commanda aussitöt un Service complet, ordonna que cettefaience s’appelat desormais faience de la reine {Queen’s wäre) etconfera ä l’inventeur le titre de potier royal. Un fac-simile de ce Ser-vice de la reine Charlotte figurait ä l’Exposition de 1878, dans lepavillon de la maison Wedgwood, qui est toujours l’une des premieresde l’Angleterre, ä cote d’une des copies du fameux vase Portland exe-cutees par Josiah , lors.de l’acquisition de ce vase par la duchesse dePortland (1).

INTRODUCTION EN FRANCE DE LA FAIENCE ANGLAISE. — La faiencecouleur creme, que Wedgwood revetit, comme l’avaient fait ses prede-cesseurs, d’une glacure transparente dont il connaissait probablementle procede, fut adoptee d’enthousiasme par les classes aisees d’Angle-terre. 11 y avait vingt ans que la faience commune etait abandonneeaux pauvres gens, chez nos voisins d’outre-Manche, quand nous pümesenfin apprecier chez nous la nouvelle poterie; vingt autres annees

(!) Voir 1 'Art du verre, p. üO.