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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
la fonte des plans les uns dans les autres, l’arrondissement desangles, etc.; c’est pourquoi cette derniere touche doit etre donneesur une terre suffisamment durcie, autrement Ie modele risqueraitd’etre trop arrondi, ce qui serait un defaut aussi grave, sinon plus,que d’etre trop anguleux, defaut auquel il n’y aurait guere moyende remedier. G’est alors que la girelle, c’est-ä-dire le plateau supe-rieur de la sellette, fait son office. Pour juger de l’effet du modelage,l’artiste le tourne ä droite ou ä gauche, presentant ä la lumiere sonceuvre sous toutes ses faces, car eile est destinee ä subir tous lesjeux de lumiere et il importe qu’elle soit preparee a cette epreuve,qui se renouvellera tous les jours de sa vie.
Nous nous sommes extasies a la vue d’un vulgaire poelon exhumed’une motte de terre informe par les doigts agiles du potier; il y avaitde quoi, en verite; mais qu’est-ce, en comparaison de l’Hebe sortant,toute gracieuse et vivante, pour ainsi dire, d’une masse de terre nonmoins grossiere entre les doigts de Melingue — ou de tout autreartiste! d’un buste, d’une statue, d’un groupe plein de vie tire d’untas de boue par la main d’un Garpeaux! Les moyens employes sontexactement les meines, pourtant; et des deux artistes, c’est encorele potier qui est le mieux outille, car le seul, le vrai outil du statuaire,c’est son pouce : un outil qui sent et qui voit l’oeuvre ä mesure deson developpement, un outil qui pense, un outil de genie!
Le potier, lui, here et pauvre diable, qui fait aussi merveilleavec son pouce, a peut-etre du genie autant et plus que bon nombrede nos statuaires, et des plus huppes (ne manque pas de genie quiveut). Mais ä chacun son ceuvre, il n’a que faire de cela; ce qu’il luifaut, c’est l’habilete, qui est souvent la negation du genie, quoique levulgaire confonde aisement les deux; il ne s’agit point pour lui decreation ideale, mais de marmites de forme et de contenance deter-minees; et nous lui devons de la reconnaissance pour les Servicesqu’il rend ä notre pot-au-feu, peut-etre meme de la pitie pour sonabnegation, qui s’oppose ä ce que nous le connaissions mieux. L’ar-tiste qui ne demande qu’ä nous dresser des piedestaux ne doit pas nousfaire oublier l’artisan qui nous fait des souliers.
MOULAGE. — Avant 'd’etre traduit en marbre ou en pierre, le mo-dele en terre doit etre d’abord moule en plätre, Operation qui s’effec-tue de la maniere suivante : on commence par badigeonner la sur-face du modele d’une solution legere de gomme laque dans l’huile denaphte, qu’on y laisse secher et qu’on recouvre ensuite d’un melange