226
LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
fait disparaitre les irregularites au moyen d’outils d’acier dentes ; puisle bloc, degrossi et mis au point, passe aux mains du sculpteur, quin’est pas toujours le meme ouvrier; celui-ci atteint definitivementl’epaisseur aux points marques, rapproche ses mesures et, par un tra-vail long et minutieux, produit enfm la copie aussi fidele que possibledu platre qu’il a devant les yeux. L’artiste intervient alors, donne« le coup de pouce du maitre, » s’il s’agit d’une oeuvre soignee;et il n’y a plus qu’a se procurer un piedestal pour notre buste. Gesera l’affaire du praticien, ou plutöt du sculpteur, car le praticienexeelle generalement dans la sculpture decorative; ou bien encorecelle du tourneur, si le piedestal est de forme ronde.
MACHINES A SCULPTER. , — La meilleure preuve que le travail dusculpteur, si minutieux qu’il soit, est d’ordre purement mecanique,c’est qu’il a inspire l’invention de « machines a sculpter » tres inge-nieuses et qui donnent des resultats etonnants. « La premiere machinea sculpter, dit Larousse, parait etre de M. Sauvage et date de 1836.Elle consistait en deux plateaux montes horizontalement, dont l’unrecevait le modele et l’autre la copie a reproduire. Ils etaient com-mandes simultanement par trois roues d’engrenage; deux d’entre eilesetaient rapportees sur leur axe respectif et l’autre servait d’interme-diaire; de faqon que les plateaux pouvaient tourner sur eux-memeset dans le meme sens, en decrivant ensemble des angles egaux. Surla meme ligne que les plateaux, on avait dispose un support qui ser-vait de point fixe de rotation ä un veritable pantographe, muni dedeux branches articulees terminees par des touches. L’une de celles-ci,suivant exactement les saillies du modele, servait de guide, et l’autrepermettait de les reproduire en les reduisant ou en les augmentantsuivant la disposition adoptee. Les outils n’etaient point disposes pourtravailler la matiere dure; ils ne pouvaient dans ce cas que servir äverifler les contours executes; cette fixite des touches ne rendait cettemachine applicable qu’aux corps mous, tels que le platre frais, laterre glaise ou la cire. »
Mais d’ingenieux perfectionnements ont ete apportes depuis a lamachine a sculpter, dont le principe, toutefois, a du etre respecte,et l’on est parvenu a etablir des copies et des reductions de rondebosse parfaites dans la pierre dure et le marbre. Tout le monde con-nait, du reste, la celebre machine a reduction Gollas, dont les produitsartistiques ont atteint une si grande perfection.
Un ingenieur anglais , M. Blanchard, construisit une machine ä