Band 
Tome premier.
Seite
266
JPEG-Download
 

266

LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

laisse dans la teinture de sa transparence ni de son eclat: en quelquesminutes, ces messieurs avaient opere la miraculeuse transformationsur plusieurs diamants jaunes, dont la valeur se trouvait ainsi quin-tuplee. II suffit donc de tremper le diamant jaune dans une teintured’aniline, meme faible, teile que l’encre violette ordinaire, puis de lelaver a l’eau pure, pour en faire un diamant blanc; mais, d’un autrecöte, il suffit de frotter, meme legerement, ce diamant indümentblanchi pour Iui rendre sa coloration native : l’eau de savon n’estpas necessaire, comme on voit.

Comme les diamants du Cap sont justement remarquables parcette teinte jaune, qui diminue sensiblement leur valeur, il y a lieude s’etonner que la fraude n’ait pas pris un developpement plus con-siderable; aujourd’hui, la meche est eventee; il est trop tard pourtenter le coup.

LES DIAMANTS AUX ETATS-UNIS . — Justement reputes pour leursspeculations hasardeuses, les Americains reclament vivement quandon leur rappelle quelque bubble celebre qu’ils ont oublie, et qui a faitnaitre une defiance difficile ensuite a surmonter. En ce moment, il estquestion aux Etats-Unis de la deeouverte de champs diamantiferesd’une grande etendue dans l’Utah, et voici comment 1 & New-YorkTribüne accueille cette nouvelle (juillet 1883) :

« Les bruits recents de deeouverte de vastes champs de diamantsdans l’Utah , a 20 milles au sud-est de Frisco, seront aceueillis avecune double mefiance par quiconque est le moins du monde familiariseavec la mineralogie etla geologie de l’Ouest des Montagnes Rocheusesa la Sierra Nevada. On se rappellera, en outre, qu’il y a une quinzained’annees, des recits merveilleux se repandirent soudainement dediamants trouves dans l’Arizona . Des pierres precieuses furent exposeespubliquement, et, quant aux champs oü elles avaient ete prises, onles representait comme inepuisables dans leur richesse native. LaCalifornie tout entiere etait sur pied, prete a s’elancer sur les champsde diamants de l’Arizona : ce n’etait qu’un beau reve. Un savantentete, du nom de Clarence King , organisa cependant certainesrecherches et experiences personnelies, et la fourberie fut impi-toyablement denoncee ; les auteurs en furent pour leurs frais d’aehatde diamants bruts pour ensemencer leurs champs.

» Aujourd’hui, continue la feuille newyorkaise, on nous assureque plusieurs milliers de diamants ont ete pris a Salt-Lake City pouretreexhibes, et que Tiffany et Co. (celebres orfevres de New-York ) ont