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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLÜSTRES.

tout cas, l’idee ne parait pas leur etre venue d’en essayer l’influencesur le diamant meine. Le Flamand Louis de Berquem (ou de Berken),de Bruges , qui passe pour l’inventeur de cette decouverte, y auraitd’ailleurs ete conduit par le hasard, en frottant machinalement Tuncontre l’autre deux diamants. S’apercevant qu’ils s’usaient et se redui-saient reciproquement en poudre, il aurait tout de suite imagined’employer cette poussiere au polissage de lagemme, exactement commeon le fait aujourd’hui. — Ainsi le veut du moins la legende.

REFUTATION. — Ceci se passait en 1475 — ou en 1465. — Eh bien,j’en suis fache pour la legende et pour le lapidaire brugeois, mais il ya toute apparence que le hasard ne fut pour rien dans l’affaire, et queledit Louis de Berquem, es noms, s’est borne a importer a Bruges , deParis , la tadle des diamants; ce qui etait beaucoup moins difficile ethasardeux que de Pinventer.

Remarquez d’abord que, si la tadle des diamants n’avait eteinventee qu’en 1475, qui est la date la plus generalement adoptee,Charles le Temeraire, le fastueux duc de Bourgogne , mort en 1477,n’aurait pas eu le temps de seiner le champ de bataille de Granson(surtout si l’on considere que ce champ de bataille a jamais glorieuxne fut ensemence de cette facon insolite que vers le commencementde mars 1474) d’un si grand nombre de diamants magnifiqueinenttailles. Mais il y a mieux, car ici on pourrait chicaner sur Pecart dedix ans que nous avons signale : Pinventaire du tresor de Louis V ,duc d’Anjou, roi de Naples et de Siede, mort en 1384, constate lapresence d'un diamant tadle en coeur, d’un autre tadle en ecusson etd’un troisieme a huit facettes. Nous aurions d’autres preuves a citcrau beso-in; mais les chroniques du temps font mention d’une Corpo-ration de tailleurs de diamants, qui existait au moins des la premieremoitie du xiv e siede et dont le siege etait situe « cul-de-sac de laCorroyerie. » — En verite, nous croyons qu’d n’est pas besoin d’autrespreuves que celle-lä, si l’on songe surtout au peu de corps, a Pextremetranslucidite de la legende Berquem.

Consolons-nous, quoi qu’d en soit; si la tadle des diamants aemigrede France en Flandre , eile en est revenue, et meme de plus loin, gräcea M. Charles Roulina, dont nous aurons a nous occuper tout a l’heure.

PROCEDES DE LA TAILLE. — Les operations subies par le diamantbrut sont : le clivage, lebrutage ou decroütage, l’ebauche,le facettageou tadle proprement dite et le polissage.