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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
Pour n’en rien perdre, l’ouvrier porte un tablier de cuir dont les bordsextremes sont attaches ä la table devant laquelle il est assis pour tra-vailler, quoiqu’il opere au-dessus d’une boite metallique vissee sur latable. — L’Operation du clivage est, d’ailleurs, entouree des meinesprecautions.
L’ebauche achevee, la pierre passe aux mains du lapidaire, ouplutot ä celles de son aide, qui se charge de la sceller, au moyen d’unepate de plomb et d’etain amollie au feu, dans une coquille de cuivresolidement emmanch.ee, demaniere que, seule, la partie qui doitrecevoirla taille reste saillante. Le lapidaire s’empare de l’appareil, dont il fixele manche dans une pince aux machoires serrees par une vis de pres-sion; il reunit quelquefois une Collection plus ou moins nombreuse deces coquilles ainsi preparees, et s’assoit a son etabli pour proceder ala taille, autrement dit au facettage des diamants qu’elles contiennent.
Devant lui est une roue horizontale, en acier doux, montee surun axe vertical et tournant a la vitesse moyenne de 2,500 tours a laminute ; cette roue est couverte d’egrisee, c’est-ä-dire de poussiere dediamant, humectee d’huile d’olive. L’ouvrier presente alaroue, toujoursdans le sens du fil, la face a tailler, qu’use et polit le frottement rapidede l’egrisee, produisant une facette. Cette facette executee, la coquillerevient aux mains de l’aide, qui fait fondre la pate metallique, en retirele diamant et le sertit dans la meme coquille, mais dans une positiondifferente, mettant en evidence une nouvelle face a tailler. Ainsi sontsuccessivement presentees a la roue, par les soins du lapidaire aide dusertisseur, toutes les faces ä tailler d’un diamant, en interposant sanscesse de l’egrisee melee d’huile entre la gemme et la roue d’acier : —puisque, jusqu’a ce que le verre trempe de M. Macintosh nous four-nisse de nouvelles armes contre lui, ce n’est qu’au moyen de sa proprepoussiere que le diamant peut etre taille — et poli.
La serie d’operations que nous venons de decrire paraitraremarquable surtout par l’extreme simplicite des moyens employes,et le lapidaire n’y fait pas beaucoup plus grande figure qu’un vul-gaire emouleur; cependant, si l’on songe qu’au lapidaire incombe lesoin tres chanceux de donner aux facettes leur place exacte dans laserie, leur forme et leurs dimensions precises, c’est-a-dire de traiterla precieuse pierre de facon que ses facettes se trouvent dans lesconditions les plus avantageuses pour saisir, refleter et se renvoyerles unes aux autres les jeux de lumiere les plus capricieux avec uneclat multiplie par la repetition des reflexions, on conviendra que lachose n’est pas aussi simple qu’elle le parait. Ce n’est pas si petite