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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
secouer en heurtant le gros bout sur un corps dur. Mais le fabricantqui travaille la corne la recoit toute prete a mettre en oeuvre et n’apas, en consequence, ä s’inquieter de [ces details preparatoires, quisont l’affaire du cornetier; il etait peut-etre bon,toutefois, de les indi-quer en passant.
PrSparation. —Lenoyau osseux enleve, on commence par abattred’un coup de scie la pointe solide de la corne, qui est employee ä fairedes boutons, des manches de couteau et divers autres objets pleinsexecutes principalement sur le tour. Le reste de la corne, creux danstoute sa longueur, est laisse entier ou scie en deux, suivant sa destina-tion. On plonge alors cette corne, sciee ou non, dans l’eau bouillantepour l’amollir et on l’y laisse une demi-heure ; ou bien, dans les usinesoü la chose est possible, on l’expose le temps necessaire a un courant devapeur. Lorsqu’elle est suffisamment amollie, on pratique dans toutesa longueur, a l’aide d’une forte serpette (ou d’une scie circulaire), unefente longitudinale; puis, au moyen de deux pinces mordant les deuxlevres de la fente, on 1’etend, et on la soumet toute chaude encore a lapression strictement necessaire, entre deux plaques metalliques. Quandla corne est destinee a la fabrication des peignes, la pression doit etreaussi faible que possible pour atteindre le resultat indique; mais sil’on a pour but de la diviser en lamelies, comme pour la confection defeuillets de lanterne, la pression doit provoquer la rupture du grain,c’est-ä-dire commencer cette divison, de maniere ä pouvoir introduireentre les lamelies le bout arrondi d’une lame de couteau qui acheverala besogne.
II y a cependant une troisieme hypothese : celle dans laquelle lacorne doit acquerir une certaine transparence, dans le but de la trans-former ensuite en fausse ecaille ou en quelque trompe-l’oeil de cegenre. Dans ce cas, les feuilles de corne obtenues par les moyensdecrits precedemment, c’est-a-dire aplaties en partie seulement et legrain intact, sont transferees entre deux plaques de fer poli chauffeeset huilees avec soin; un certain nombre de ces plaques metalliques,entre lesquelles des feuilles de corne sont ainsi placees, sont empileeset serrees dans un chassis de fer. La pression est operee au moyend’un coin insere dans le chassis et sur la tete duquel un lourd belierretombe d’une hauteur de 20 a 25 metres jusqu’ä ce qu’il soit suffi-samment enfonce.
Application ä la fabrication de peignes. — Cette Operation estplus speciale aux grandes manufactures de peignes qu’ä toute autreindustrie; et, en eilet, bien qu’on fasse beaucoup de peignes en ecaille,