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kilogrammes. Le cabinet mineralogique de Berlin possede un morceaude succin qui pese 6 kil ,220. G’esttoujours dans les sables et les argilesdes terrains tertiaires qu’on trouve cette substance, associee auxlignites, combustibles fossiles de formation un peu plus recente quela houille.Tres souvent des morceaux d’ambre se rencontrent a l’inte-rieur desquels des debris de bois, d’ecorce et de feuilles ayant appar-tenu incontestablement aux fougeres gigantesques de cette lointaineperiode, ont ete conserves ä travers un grand nombre de siecles; etparfois aussi, comme l’avait deja constate Tacite, ce sont des insectesou des larves qu’on y voit enfermes : empetres dans la matiere gluante,les pauvres innocents y ont trouve un tombeau qui, du moins, les apreserves d’une complete destruction.
Les vegetaux producteurs de l’ambre ont pour origine les coucbesde gres vert de la periode cretacee ; ils couvraient les cotes mareca-geuses qui entourent au nord le grand continent europeen (la tempe-rature y etait vraisemblablement beaucoup plus elevee qu’elle ne Testaujourd’bui), et cela jusqu’aux limites glacees des regions arctiques.La flore de l’ambre des rives de la Baltique comprend, en effet, desespeces septentrionales melees a des plantes des regions pl.us tempe-rees; ainsi des camphriers s’y trouvent meles ä des saules, des bou-leaux, des hetres et quantite de chenes; une espece de thuya, tresvoisine du thuya occidentalis de l’Amerique , y est le plus abondantparmi les coniferes; vient ensuite le widdringtonia , puis une grandevariete de pins et de sapins, compris les pins producteurs de l’ambre.
On suppose que des milliers de ces derniers ont du perir, et que,en meine temps que le bois se decomposait, la resine dont la tige etles branches etaient chargees s’accumulait en masses enormes dansles cavites du sol. La cöte s’abaissant peu a peu, la mer finit par lacouvrir et empörter au loin l’ambre et les detritus vegetaux auxquelsil etait mele; mais, dans les districts plus eleves, ces coniferes conti-nuaient a prosperer. G’est ainsi que des depots d’ambre ont pu setrouver dans des couches appartenant a des periodes diverses etformees posterieurement ä l’existence des vegetaux qui les ontproduits.
Les gisements de succin connus se trouvent, en France , dans lesdepartements de l’Aisne, du Gard et des Landes; en Siberie , au Groen-land, en Sicile ; mais les depots les plus considerables sont ceux desdunes sablonneuses de la Baltique orientale, entre Memel et Kcenigs-berg, exploites depuis des siecles et qu’on croirait inepuisables.
ANTIQUITE DE L’USAGE DE L’AMBRE. — G’est de la, en effet, que