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Tome premier.
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L’AMHRE ET LE JAYET .

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misses, les bijoux d’ambre etaient consideres comme des amulettes;on en faisait des Colliers pour les enfants, comme on en fait encoreaujourd’hui et dans le meme but, ce qui devrait nous rendre un peuplus indulgents pour les sottises des anciens.Tous les peuples del’anti-quite, les Juifs, les Pheniciens notamment, professaient une foi super--stitieuse dans les proprietes qu’ils pretaient ä l’ambre jaune.

FABLES ET LEGENDES. — Gependant l’idee que cette substancen’est autre chose qu’une resine se fit jour de bonne heure. On con-nait la fable du presomptueux Phaethon , precipite du haut des cieuxdans le Po (alors l’Eridan) par Jupiter, afin de mettre un terme auxcraintes d’incendie que lui inspirait la facon singuliere dont ce filsd’Apollon conduisait le char du soleil; et l’on sait que ses soeurs, lesHeliades ouPhaethontiades, ä force de le pleurer, furent transformeesun peupliers , au rapport d’Ovide, de Lucrece et de bien d’autres, les-quelles prirent racine en cet etat sur les bords du Pö, sans toutefoiscesser de pleurer; mais ce fut desormais des larmes d ’cimbre qu’ellesxerserent. — 11 ne faut pas s’effaroucher de voir des peupliers pro-duire de l’ambre, attendu que la licence poetique permet de tirer del’essence de roses des ärtichauts, pour peu que le rythme ou la Cou-leur l’exigent, ou que l’ignorance du poete le justifie.

Une vielle legende, decouverte par Thomas Moore , peut-elredans les etudes preparatoires que la composition de son poeme deLalla-Roohh lui imposa, veut que l’ambre ait son origine dans leslarmes de la mouette ; il y est fait allusion dans ces vers de VAdieu äla ßlle d’Araby, un des plus touchants episodes du poeme :

Autour de toi brillera l’ambre le plus beau

Qu’aient jamais produit les larmes de l’oiseau de mer (1).

OBJETS D’AMBRE ANCIENS. — En dehors de toutes ces fictions etquelles que soient les erreurs des anciens au sujet de l’origine del’ambre, il est certain du moins qu’on en faisait des objets de paruredes le temps d’Homere, qui l’estime aussi haut que l’or. Pausanias nous apprend meme qu’on en faisait des statues. Pline signale dejäles cötes de la Germanie comme le grand depöt d’oü les Romains,qui en faisaient toute sorte d’ouvrages d’art, tiraient l’ambre jaune;il ajoute qu’en Syrie les femmes en ornaient leurs fuseaux, et qu’elles

(1) Around thee shall glisten the loveliest amborTbat ever the sorrowing sea-bird hatli vrept.