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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
peu plus fort, de la sphere qu’on veut obtenir; puis, ayant coupe biendroit au ciseau son extremite libre, on prend la moitie du diametre,et Ton porte cette mesure sur la surface du cylindre, oü on la marqueau crayon d’un cercle determine par la rotation de la machine. L’angleest alors abattu ä la gouge, de maniere a former une demi-sphereaussi reguliere que possible, du trait au crayon au point central paralleleä Taxe de l’arbre; puis le bedane vient effacer les cannelures de lagouge. Apres cela, on retire du mandrin et l’on monte la piece, parle bout arrondi, dans un mandrin creuse specialement pour le contenirexactement, en laissant depasser un peu le cercle au crayon; et l’onfait avec la partie en dehors du mandrin tout ce qu’on a fait pour cellequi se trouve actuellement dedans.
Si cette double Operation a ete bien executee, la sphere est par-faite, et il n’y a plus qu’a la polir; mais, ä moins d’un concours decirconstances miraculeux, eile n’a pas ete si bien executee que cela,et, par consequent, il faut y revenir ; on y revient donc en montantdans un nouveau mandrin la boule en apparence terminee, mais surune face de cote cette fois :1a pointe d’un crayon presentee tres lege-rement ä la boule ainsi montee mise en mouvement de rotation, onverra bien qu’elle n’aura touche que quelques points de la circonfe-rence, ceux plus eloignes que les autres du centre commun, et qu’ilfaudra ramener ä des sentiments de modestie plus conformes ä laSituation et au respect de la geometrie. Pour y parvenir, un ciseau ä unseul biseau, grattant par consequent, est l’outil preferable, pour peuque le bois soit dur. On l’approche avec precaution, enlevant le moinspossible de matiere, tout juste ce qu’il y a de trop, ä peine de se creerdes embarras dont la seule idee fait fremir. Enfin, on retourne laboule, et l’on opere sur la face opposee comme on vient de le fairesur celle-ci.
Apres cela, il y a de grandes chances pour que notre boule soitaussi exactement spherique que peut le desirer le plus exigeant desjoueurs de boules et le plus grincheux des bilboquets.
Nous ferons remarquer ici que nous avons decrit la confectiond’une boule par les procedes les plus minutieux qui, toutefois , nesuffisent pas toujours pour donner a une bille de billard la perfectiondesirable; aussi arrive-t-il de la travailler sur six et meme huit facesdifferentes, quoique l’ivoire soit bien plus favorable que le bois äl’execution des ouvrages exigeant une precision rigoureuse, surtouta raison des outils dont cette matiere permet l’usage. Mais la bouledu bilboquet, qui, a raison du trou central dont eile doit etre percee,