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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

Le bois de campeche, dit bois de sang, bois de Nicaragua , boisd’Inde , etc., ne sert pas seulement a la teinture. Dur, compact, solideet lourd, d’une belle couleur brune tirant sur le rouge ou le violet,mais brunissant, noircissant meme a l’air, il peut recevoir un beaupoli et se travaille facilement, surtout.au tour ; il a, en outre, l’avantaged’une grande duree. On fabrique avec ce bois de tres beaux meubles;on l’emploie egalement dans la marqueterie et c’est un des bois pre-feres par les luthiers pour la confection des archets. L’aubier est d’unblanc jaunatre; il n’est guere utilise que comme bois de chauffage,et n’est pas laisse sur les buches qui arrivent en Europe , quelle quesoit leur provenance.

Le campeche se reproduit naturellement des graines tombees deses gousses lorsqu’elles sont müres, et, au bout d’une dizaine d’annees,la semence a produit un arbre bon pour l’exploitation; aussi lesbücherons taillent-ils ä tort et a travers, sans autre souci que d’abattre,sans choix ni regle d’aucune sorte, et sans autre instrument que lahache primitive. Les arbres abattus sont transportes jusqu’au portd’embarquement, le plus söuvent par les courants resultant des varia-tions periodiques du niveau des eaux. Rien de plus rudimentaire queles procedes d’exploitation en usage dans le Yucatan et ä Tabasco,pour le bois de Campeche.

CECROPIE . — La cecropie est un arbre de la famille des artocar-pees, auquel sa tige creuse a fait donner, entre autres noms, celui debois trompette. Elle vit dans les regions tropicales du nouveau monde,principalement au Bresil , oü eile atteint une dizaine de metres dehauteur.

Le bois trompette est peu applicable, comme on pense, ä l’ebe-nisterie; il est tendre, quoique rüde au toucher, poreux et blanc, etse fend aisement. La tige de cet arbre est creuse d’un bout a l’autre,avec des renflements de place en place, comme ceux du bambou ; onen fait, dans le pays, des conduites d’eau, des gouttieres et autresobjets analogues. Quant au bois, c’est encore un de ceux qui nousferaient perdre l’habitude des allumettes chimiques, s’il croissait pluspres de nous : en y pratiquant un simple trou dans lequel ils fonttourner avec rapidite une pointe de bois dur, les naturels en obtien-nent du feu en moins de temps qu’il ne nous en faut pour persuaderune allumette de la Compagnie de nous eclairer d’une lueur trompeuseet fugitive.

D’une espece particuliere de cecropie, Yabaitinga du Bresil , on