PlllNCIPAUX BOIS D’EßENISTEIUE.
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La collection des platanes celebres est tres nombreuse. Tout lemonde a entendu parier du platane de la Lycie , avec sa cavite de27 metres de tour; de celui de Velitres, dans les branches duquelGaligulatraita quinze convives, tandis que le gouverneur de la Lycie entraitait vingt et un dans le creux de son arbre; de celui de Xerxes ,remarquable surtout par le culte ridicule dont le conquerant crutdevoir l’entourer quelques heures; voive du platane de Godefroy deBouillon , qui se trouve a Buyuk-Dere, lieu de plaisance voisin de Con-stantinople, sur le Bosphore .
II faut dire que Buyuk-Dere possede de tres beaux platanes dansdes conditions de Vegetation depassant l’ordinaire. 11 y en a un, detaille respectable, dans le jardin d’un hötel a Teuropeenne, dans lesbranches duquel on a edifle une salle a rnanger dans le genre de celledu platane de Velitres ou des chätaigniers de Robinson ; mais il n’ap-proche pas de la taille imposante du platane de Godefroy de Bouillon .Theophile Gautier , qui Ta visite, s’exprime ainsi apropos de cecurieuxphenomene vegetal :
« Au premier abord, je crus voir une foret plutot qu’un arbre :le tronc, compose d’une agglomeration de sept ou huit füts soudesensemble, ressemblait a une tour effondree par places; d’enormesracines, pareilles a des serpents boas ä moitie rentres dans leursrepaires, Taccrochaient au sol; les rameaux qui s’y implantaient,avaient plutot l’air d’arbres horizontaux que de simples branches ;dans ses flancs baillaient de noires cavernes, formees par laputrefac-tion du bois tombe en poudre sous l’ecorce. Les patres s’y abritentcomme dans une grotte et y font du feu sans que le geant vegetal yprenne garde plus qu’aux fourmis qui circulent sur sa peau rugueuseetsouleveeparlames. Rien n’est plus majestueusementpittoresque quecette monstrueuse masse de feuillage sur laquelle les siecles ont glissecomme des gouttes de pluie, et qui a vu se dresser a son ombre lestentes des heros chantes par le Tasse dans la Jerusalem ddlivree.Mais ne nous abandonnons pas a la poesie; voici Thistoire qui vient,comme d’habitude, contredire la tradition; les savants pretendent quejamais Godefroy de Bouillon n’a campe sous ce platane, et ils appor-tent pour preuve un passage d’Anne Comnene , une contemporaine desfaits, qui dement la legende. « Alors le comte Godefroy de Bouillon ,» ayant fait la traversee avec d’autres comtes et une armee composee» de 10,000 hommes de cavalerie et de 70,000 hommes d’infanterie,» arriva a la grande ville et rangea ses troupes aux environs de la» Propontide , depuis le pont Gosmidion jusqu’ä Saint-Phocas. » Voilä