Band 
Tome premier.
Seite
578
JPEG-Download
 

578

LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

pose, la planchette du trusquin, presentant a la piece a tracer la facede la barre oü se trouvent deux pointes espaceesadistance convenable,qu’on fait mordre dans le bois : la mortaise se trouve ainsi tracee d’unseul coup. — De la meme facon et avec les meines pointes, on traceegalement le tenon qui devra penetrer dans cette mortaise pourformer l’assemblage.

On.a ainsi sur les diverses faces de i’instrument des pointes dispo-sees a des ecartements differents pour pouvoir tracer des, mortaises detoute largeur; il s’en trouve toujours une, en outre, portant une pointeunique, avec laquelle on peut tracer toute sorte de lignes parallelesaux bords d’une piece de bois carree.

Nous avons vu le tourneur se servir. d’une pointe de trusquinpour donner le centre a une piece destinee ä etre montee sur deuxpointes ou sur une griffe et une pointe : un pied de table notamment.G’est un exemple süffisant pour permettre de se rendre compte de lamanoeuvre du trusquin en faisant usage d’une seule pointe.

LES SCIES. — Les principales scies a main employees dans l’ebe-nisterie sont : la scie a debiter, la scie a refendre, la scie a chan-tourner, la scie a araser, la scie a decouper, les passe-partout oudgohines et la scie a placage. De chacun de ces outils, connus peuou prou de quiconque s’occupe le moins du monde de travail du bois,nous ne donnerons que la description strictement necessaire.

La scie ä debiter est la plus simple de toutes. Elle consiste enune lame un peu forte et aux dents profondement entaillees, dont lesextremites sont engagees et fixees par des rivets dans les rainures dedeux bras de frene reunis par l’autre bout au moyen d’une tresse decordes, tandis que leur centre repose sur le fond d’entailles menageesaux deuxbouts d’un montant egalement en bois. Au milieu de la tresse decorde, on introduit une clavette, appelee quelquefois garrot, au moyende laquelle, en lui faisant faire deux ou trois tours, on serre d’autantcette tcesse qui, agissant sur les bras formant levier, appuyes qu’ilssont sur le bras du milieu, tendent la lame; cette tension est main-tenue en arretant la pointe du garrot contre le montant ou en l’enga-.geant dans une mortaise creusee sur le cbamp de cette piece capi-tale, vers le milieu de sa longueur. On a soin de detendre la corde desqu’on ne se sert plus de la scie; autrement eile s’impregnerait insen-siblement de l’humidite de l’air, se resserrerait au delä de toutemesure et pourrait faire eclater la monture sous cet effort de tension-exagere : cela s’est vu, souvent meme.