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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
une surface plane, on commence par faponner, avec unmorceau de grostricot de laine, un tampon a peu pres gros comme la moitie du poing;on verse dessus quelques gouttes de vernis, on l’impregne bien en lepressant entre les doigts, puis on le recouvre d’un linge bien blanc, ämailles peu serrees et presque use. Le vernis parait aussitöt a traversle linge, mais seulement comme une tache humide, ou ce serait trop;on pose une goutte d’huile de Iin sur cette tache avec le bout du doigt,qu’on essuie en quelque Sorte sur toute son etendue. Voila le tamponprepare. Alors, onl’approche de la surface a vernir : on ne l’y pose pas,mais on l’y fait glisser par un mouvement de rotation imprime au poi-gnet, et que l’on continue sur toute l’etendue de cette surface, donttous les points doivent etre touches, decrivant de petits cercles, enfrottant tres legerement, et ne revenant au point ou l’on a debute quelorsque l’autre extremite a egalement recu sa premiere couche.
Le tampon ne poursuit pas toujours la course entiere sans etreepuise; mais, dans ce cas, on cesse de frotter, toujours en glissantsur le bois, pour enlever comme pour appliquer le tampon, car le pluscourt temps d’arret compromettrait tout. l’ouvrage par un empate-ment impossible a faire disparaitre par des moyens anodins. On enlevele linge, on verse quelques gouttes de vernis sur la laine, on replacele linge, et on le gratifie d’une goutte d’huile comme precedemment;puis on reprend sa course au point oü on a du la suspendre.
Cette goutte d’huile sur l’enveloppe du tampon est necessaire pourle faire glisser sur le bois ou sur le vernis sec qui y a deja ete depose;sans cela, le vernis frais s’attacherait a l’autre et l’enleverait du bois.D’autre part, il faut s’en montrer econome, ou le vernis serait trop graset donnerait un mal infini pour le secher; —ce n’est pas, commel’assurent quelques theoriciens, qu’on ne puisse faire prendre le vernisadditionne de trop d’huile : il n’en prend que mieux, au contraire, etc’est justement pour cela que les debutants font une consommationabusive d’huile de lin; mais lorsque tout parait termine a la satisfac-tion de l’operateur, l’huile ressort a la surface du vernis en si grandeabondance, qu’on peut dessiner des arabesques sur cette surface avecle doigt, comme on fait sur un carreau couvert de vapeur condensee;et le vernisseur expert ne manque pas alors de declarer au delinquantqu’il en ferait autant avec une couenne de lard, ce qui est a peu presvrai. Un vernis ainsi fait ne tarde pas a se ternir et on emploiera uneenorme quantite d’esprit-de-vin sans parvenir a le secher de maniereä le rendre brillant et inalterable, ainsi que doit l’etre un vernisparfait.