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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
naturellement, pour les pieds de devant, quand ceux-ci, au lieu d’etretournes, sont cintres. A la verite, il est rare que le chaisier ne recoivepas, a Paris et dans les grands centres tout au moins, ces pieces toutesdebitees d’apres un calibre determine; il y a Iongtemps que, en dehorsdes machines, le debitage de pieces de bois destinees ä la fabricationdes meubles est devenue une profession distincte, exercee tant a laCampagne qu’ä laville; et nous avons pu mainte fois constater com-bien c’est un rüde metier que celui de debiteur de dossiers de chaiseset quelle force musculaire il exige, sans prejudice d’une assez grandehabilete.
On emploie toutefois, pour certains travaux, des montants et destraverses cambres au feu : ce sont alors des planches d’epaisseur,traitees d’apres les principes exposes plus haut pour le redressementdes planches gondolees et du placage roule. Il suffit de signaler ceSysteme, qui ne peut s’appliquer aux sieges riches, parce qu’il nepermet point de faire valoir comme il convient le veinage du bois,mais qui offre une economie notable pour la construction des siegescommuns.
Ges pieces debitees, de fapon ou d’autre, le chaisier les faconneau rabot et ä la plane d’abord, puis au bastringue et ä la guimbarde,auxquels succedent le racloir et le papier de verre, — engins plusgeneralement connus que les deux precedents.
BASTRINGUE ET GUIMBARDE. — Le bastringue, dont le vrai nomest webstring (fil tranchant), est un outil ingenieux consistant en unpetit fer de plane fixe sur un füt en bois de cormier (ou plutot dessous),avec une lumiere devant son tranchant pour livrer passage aux copeauxet une piece de cuivre pour prevenir l’usure; le füt est ä deux poigneeset se manoeuvre ä deux mains, le fer etant monte dans le sens de sonaxe. Get outil, qui procede ainsi de la plane et du rabot, est inappre-ciable pour unir les courbes creuses; le chaisier ne laisse pas, du reste,de s’en servir pour faire disparaitre les irregularites laissees par lepassage de la plane sur les faces arrondies.
La guimbarde du chaisier est un racloir monte verticalement dansun füt ayant l’apparence du precedent, mais compose de deux pieGesrapprochees longitudinalement, et vissees sur le racloir monte commenous avons dit et precede egalement d’une etroite lumiere, pour lepassage des legers copeaux qu’il detache dans l’action. C’est un racloirmonte en rabot, comme le webstring est une plane egalement monteeen rabot. Le chaisier se sert aussi, du reste, de ce dernier outil pour