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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
la torsion; on les met ensuite de cöte, pour secher, en partie seule-ment, avant de les mettre en oeuvre.
L’enveloppe satinee est fournie par la paille de froment, auxtubes plus gros, plus longs et plus unis. Gette paille prealablementtriee avec non moins de soin que la premiere, on prend les brins unaun, on les coupe avec un couteau quelconque a la hauteur des noeuds,et des longs fetus resultant de l’operation, on forme des bottillons pou-vant tenir bien juste entre les doigts reunis des deux mains, qu’onfaitblanchir ensuite au moven du soufrage.
Soufrage de la paille. — En general, cette Operation du soufragede la paille s’effectue ainsi : vers le milieu d’un tonneau defonce d’unseul bout, on dispose une Sorte de filet a larges mailles; sur ce filet,on place les bottillons de paille coupee debout Tun contre l’autre, sanspression, apres qu’ils ont ete trempes dans de l’eau de savon et biensecoues ensuite. D’autre part, un fourneau de charbon de bois incan-descent, qu’un pot ä fleur hors d’usage remplace assez souvent, estpose tout bonnement sur le sol au besoin ; on jette sur les charbonsardents quelques fragments de soufre et l’on renverse vivement le ton-neau sur le tout. On laisse aux vapeurs sulfureuses le temps d’agirsur la paille humide, on retourne le tonneau et on en extrait lesbottillons, quitte a les remplacer par une nouvelle fournee si besoinest, pour recommencer l’operation. Sans doute, il y a des soufroirsde construction moins elementaire que celui que nous venons dedeerire; mais il ne s’y produit pas d’autre phenomene que celui del’absorption du gaz acide sulfureux par l’eau dont la paille est impre-gnee, et ce phenomene n’y a pas d’effets plus extraordinaires.,
Gomme on le voit, le rempaillage necessite des travaux prepara-toires assez considerables, et si, au triage et au coupage de la paille,onn’employait pas autant quepossible des apprentis, — quin’appren-nent rien pendant ce temps-la, — la main-d’oeuvre finirait certaine-ment par devenir trop couteuse. Quoi qu’il ensoit, notre paille estmaintenant toute preparee, et il ne nous reste plus qu’a en tireir lemeilleur parti possible.
EXECUTION DU PAILLAGE. — La chaise est d’abord montee, danssa position naturelle, sur une espece de tourniquet, afinque l’ouvrier,assis en face, puisse la faire tourner a mesure des progres du travailet la maintenir immobile par la pression de ses genoux quand cela estnecessaire. — Ici encore, il convient de faire observer que l’emploidu tourniquet est facultatif, et qu’il ne manque pas d’ouvriers (et