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Tome premier.
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OUVRÄGES EN LAQUE.

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bätons, c’est-ä-dire adherente encore au rameau natal et teile qu’elley a pris naissance; en grains, c’est-ä-dire formee de fragments tombesde ce rameau et precieusement recueillis. La preparation de la laqueen ecailles, -en feuilles ou en plaques exige quelques details.

La recolte faite, on fait passer la resine entre deux cylindres pourla debarrasser du plus gros des impuretes qu’elle contient, fragmentsde bois, d’ecorce, etc.; puis on la met dans des cuves, avec de l’eau,et des coolies montent dans ces cuves oü ils la petrissent activementavec les pieds, changeant l’eau jusqu’ä ce que celle-ci sorte enfm clairede la cuve. La laque ainsi sommairement lavee, on la fait bouillir dansl’eau alcaline, pour en extraire la matiere colorante rouge produitepar l’insecte. La resine s’amollit graduellement dans ce bain, fond etmonte ä la surface, tandis que la matiere colorante se dissout et seprecipite. On recueille alors la laque qui surnage, puis, par decanta-tion, la matiere colorante, qui fournit de magnifiques teintures rouges,notamment le lac-dye, servant ä la teinture des maroquins du Levant,des laines de Gachemire, etc. La laque est ensuite introduite dans dessacs de tissu de coton clair, longs et etroits, que deux coolies, les tenantpar chaque bout, viennent exposer ä la chaleur d’un feu tres vif decbarbon brülant dans une grille libre; le sac est tendu devant la grilleet au-dessus d’une äuge de forme allongee comme le sac, danslaquellela resine, fondant sous l’action du feu et traversant les mailles du tissu,finit par tomber en longues larmes gluantes. On puise dans l’auge,au moyen d’une espece de cuiller en bois, la resine liquide que l’onetend sur des rouleaux de cuivre, puis que l’on divise, avant sa dessicca-tion complete, en feuilles irregulieres, que l’on soumet enfin ä unepression moderee, süffisante toutefois pour la reduire en fragmentsdores, .translucides et d’une grande fragilite, teile en un mot que l’em-ploie l’ebeniste et le fabricant de vernis.

La laque en fils, il est ä peine besoin de le dire, n’est pas autrechose que la laque etiree lorsqu’elle est fondue ä la consistance päteuse;mais nous dirons tout de suite que l’ebeniste et le tourneur amollissentdans l’eau bouillante la laque en feuilles, qu’ils petrissent et etirenten minces bätons leur servant ä boucher les trous des pieces de boistravaillees, en les faisant fondre ä la chandelle, ä la maniere des bätonsde cire ä cacheter, au moment du besoin.

Toute la laque que nous consommons provient soit de l’Inde , oüeile est recoltee et preparee comme nous venons de le decrire, en pas-sant par Galcutta qui est le grand marche d’exportation de ce produit,soit de notre etablissement de Gochinchine, oü l’on trouve non seule-

A. Bitard. — Arts et Met. — £d. J. Rouff et C ie . LlV. 81.

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