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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

loin, a complete l’oeuvre de progres commencee. La premiere deces inventions est due a deux ouvriers de Lyon , nommes Maillot etChorier, lesquels ayant imagine cet alliage, se crurent autorisesä le baptiser et en consequence lui donnerent chacun la moitie deson nom; cela faisait mailchor , mais ce nom ne tarda pas ä etretransforme en maillechort, qui se presente beaucoup mieux a l’ceil,vous en conviendrez; il y eut meme des gens pour prononcer etecrire melchior, sans qu’on ait jamais pu les en dissuader. Heureuse-ment, on sait ce qu’ils veulent dire, et qu’il s’agit d’un alliage cuivre,zinc et nickel aussi blanc et d’une aussi belle sonorite que l’argent etnon moins malleable, dont une friction a la terre pourrie suffit ä con-server l’eclat. L’argenture galvanique, toutefois, vient encore ajou-ter ä la beaute des couverts en maillechort, en augmentant l’illu-sion.

La composition originelle du maillechort a subi diverses modifl-cations, assez sensibles non pour en faire des metaux nouveaux, maispour autoriser de nouvelles designations. L’alliage fondamental,appele maillechort francais , est forme de 50 parties de cuivre, de31,25 parties de zinc et de 18,75 parties de nickel. L 'alßnide est unmaillechort dont la composition differe de la precedente en ce queune partie de fer y est ajoutee, mais aux depens du nickel et duzinc. 11 faut ajouter a ces deux metaux le packfong, d’origine chinoise,base de toute une serie d’alliages, y compris l’alfenide, employes dansles arts aux memes fins que les autres maillechorts; car ce sont ensomme des maillechorts additionnes de fer et en outre, parfois,d’etain ou de plomb, en proportions variables.

L’alliage quel qu’il soit, pour l’objet qui nous occupe, est fondudans un creuset, converti par le laminage en plaques d’epaisseur,puis traite par des procedes qui ne different point de ceux dejä decritsde maniere a nous forcer d’y revenir.

Les couverts fabriques en maillechort etaient, dans le commen-cement, livres tels quels au commerce ; argentes par les procedesgalvaniques comme ils le sont maintenant, ils ont absolument le memeaspect quel’argenterie vraie, quoique ils reviennent a peine au dixiemedu prix de celle-ci. Gette fabrication a, du reste, puissamment con-tribue au developpement de l’argenture electro-chimique.

On fait encore beaucoup d’orfevrerie de maillechort en Allemagne et en Angleterre; on a tente d’importer cette fabrication en France ,mais le nickel, qui entre dans la composition de l’alliage, y revienttropeher, de sorte qu’on en reserve l’emploi ä la fabrication des couverts