Band 
Tome premier.
Seite
734
JPEG-Download
 

734

LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

que la gravure etait parfaite avant d’y couler leurcomposition, avaientsoin d’en prendre l’empreinte au moyen de terre fine ou de soufrefondu.

Gette habitude amena tout fortuitement, au xv e siede, la decou-verte de l’impression des gravures, decouverte due au celebre orfevreflorentin Tommaso Finiguerra . Get artiste ayant pris au soufre l’em-preinte d’un de ses dessins, qu’il avait probablement neglige denettoyer, trouva sur sa plaque de soufre une empreinte assez nettequ’on eüt pris, dans quelques parties, pour un dessin ä la plume.De la a trouver une encre convenable et a imprimer le dessin surle papier, il n’y avait qu’un pas, et il le fit avec le temps

PROCEDES D’EXECUTION. — Maso Finiguerra , sculpteur, graveur,orfevre et surtout nielleur celebre de Florence , etait mort depuistrente-cinq ans lorsque Benvenuto Cellini entra en apprentissage. Acette epoque, s’il faut l’en croire, l’art de nieller etait presque entie-rement perdu parmi les orfevres florentins, qui le regrettaient ame-rement. Benvenuto resolut de le faire renaitre, et se mit ä etudieravec la passion qu’il mettait a toute chose les oeuvres laissees parFiniguerra. « Je ne me contentai pas, dit-il, d’apprendre a graverles nielles, je voulus connaxtre aussi la maniere de faire le niellememe, afin de l’employer en parfaite connaissance de cause. »

Suit alors la description complete des procedes de travail: « Onprend d’abord 30 grammes d’argent tres fin, 60 grammes de cuivrerouge purifie et 90 grammes de plomb egalement tres pur; il fautavoir un creuset capable ,de recevoir toutes ces matieres et observerqu’on doit y mettre premierement les 30 grammes d’argent et les60 grammes de cuivre, le placer ensuite dans le feu, au vent d’unpetit soufflet, et quand l’argent et le cuivre seront entierement fonduset meles, y ajouter le plomb. Cela fait, on retire le creuset du feu, onprend avec les pincettes un petit charbon que l’on jette dans le me-lange et qu’on y laisse jusqu’ä ce que les trois metaux soient bienincorpores et bien purs. Il faut alors avoir toute prete une petitebouteille de terre de la grosseur du poing, ä col assez etroit pour quele doigt seul y puisse entrer, et remplie a moitie de soufre pulverise.On jette dedans le melange a l’etat de fusion ; on bouche la bouteilleavec de la terre fraiche, et, tenant la main sur le goulot, on l’entoured’un morceau de vieille toile. Pendant que la composition refroidit, ilfaut agiter continuellement la bouteille avec lamain, jusqu’a ce qu’ellesoit tout ä fait froide; pour l’extraire de la bouteille, on brise celle-ci,