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EES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
style conventionnel auquel il Droit devoir encore s’assujettir dan3 sesreproductions de la figure humaine, et sil’on veut bienlui passer l’insuf-fisance de ses etudes en ce qui concerne les regles de la perspective, okn’aura pour tout le reste que des eloges ä decerner. Le dessin et lacomposition de ces pieces, la purete de lignes des sujets qui les deco-rent, la delicatesse et le fini du travail, tout est irreprochable, et l’ondemeure frappe d’etonnement et d’admiration quand on songe auxconditions dans lesquelles un pareil chef-d’ceuvre a ete execute.
» L’artiste japonais habite ä Tokio une maisonnette de 10 metrescarres environ, composee de trois pieces : la premiere est la chambred’habitation; la deuxieme, l’atelier, et la troisieme, divisee en deuxcompartiments, contient la cuisine d’un cöte, et de l’autre un four-neau pour la fonte; ajoutez ä cet ensemble quelques marteaux, uneenclume, une douzaine de limes et autant de ciseaux et de burins, etcherchez a comprendre combien de temps, de patience, d’habilete, detalent, cet homme a du employer pour produire avec un lingot demetal la magnifique garniture que nous admirons. Et cependant touta ete fait par lui, par lui seul: dessins, modeles, moule, fonte et alliagede metaux, ciselure, polissage, etc. Comme nos artistes du moyen ageet de la Renaissance, il a employe une annee entiere ä accomplir sonoeuvre, dont il ne se separe qu’a regret, et qui, achetee a vil prix parun riche marchand de la Cite, est destinee peut-etre ä orner un jour lepalais d’un souverain ou les galeries d’un musee, tandis que sonauteurrestera toujours pauvre et ignore.
» Nous ne commettrons pas, ajoute le correspondant qui avaitpeut-etre de bonnes raisons pour agir ainsi, l’indiscretion de revelerla valeur de ces vases, achetes dans des conditions exceptionnellespar un Connaisseur emerite qui habite depuis longtemps le Japon ;mais nous ne craignons pas d’affirmer que s’ils sortaient des ateliersde Barbedienne , cette valeur serait considerable, car un habile cise-leur a Paris regoit, pour un mois de travail, un salaire plus eleve quecelui du modeste artisan japonais pour toute une annee. »
LE CISELEUR EN BRONZE. — Chez nous, comme au Japon , le cise-leur faisait tout jadis, depuis le dessin jusqu’au polissage de la piece;mais le progres industriel, qui vise avant tout la rapidite d’execution,a mis ordre ä cela. « On doit s’etonner, dit M. Paulin Desormeaux,que si peu de celebrite se repande sur des hommes d’un merite aussitranscendant; mais l’etonnement cessera lorsqu’on saura que l’in-dustrie a tellement divise le travail dans cette partie des beaux-arts,