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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

histoire. La voici, du reste, teile que la raconte Bourrienne, dans sesM&moires :

« Avant la celebration du mariage de Murat avec Caroline Bona-parte , nous eümes ajouer une petite comedie dans laquelle je ne pusme dispenser d’accepter un röle, et qu’il est bon que je raconte ici.

» Au moment du mariage de Murat, Bonaparte , n’ayant pas beau-coup d’argent, ne donna donc ä sa soeur que 30,000 francs dedot;toutefois, comprenant la necessite de lui faire au moins un cadeau denoces, et ne pouvant lui en acheter un convenable, il emprunta unCollier de diamants a sa femme, en lui promettant de lui en rendre unautre, et le donna a la future. Josephine, mediocrement flattee de cetteespece d’emprunt force, mit sa tete en Campagne pour aviser au moyende remplacer le plus tot possible son Collier.

»> Elle savait que le fameux joaillier Foncier avait chez lui demagnifiques perles fines qui, disait-il, avaient appartenu jadis a lareine Marie-Antoinette ; eile se fit montrer ces perles, et jugea qu’il yavait de quoi faire une tres belle parure; mais, pour en faire l’acquisi-tion, il fallait 250,000 francs. Comment les trouver?

» Joseph ine les trouva; mais, comme le premier Consul n’aimaitpas les prodigalites, on n’osa pas lui avouer ce qu’on venait de faire, etles perles passerent, sans qu’il le süt, des casiers de Foncier dansl’ecrin de M me Bonaparte.

» La parure de perles une fois acquise, il y eut une autre diffi-culte a laquelle M me Bonaparte n’avait pas d’abord songe : comment separer d’un collier de cette beaute, achete en cachette de son mari?G’etait d’autant plus difficile que le premier Consul savait bien que safemme n’avait pas d’argent, qu’au milieu de ses grandes occupationsil trouvait moyen de veiller aux plus petits details, et qu’il connaissaitou du moins croyait connaitre tous les bijoux de sa femme. Les perlesresterent donc cachees, pendant plus de quinze jours, dans l’ecrin deJosephine, sans qu’elle osat s’en servir; quel supplice pour une femme!Enfin, un jour, n’y pouvant plus tenir, eile me dit : « Bourrienne, ily a demain grande reunion, je veux absolument mettre mes perles;mais vous connaissez Bonaparte, il grondera s’il s’apergoit de quelquecbose; je vous en prie, Bourrienne, ne vous eloignez pas de moi; s’ilme demande d’oü viennent ces perles, je lui repondrai sans hesiterque je les ai depuis longtemps. »

» Tout se passa comme Josephine l’avait craint et espere. Bona-parte, en voyant les perles, ne manqua pas de dire a sa femme :

» — Eh bien! qu’est-ce que tu as donc la? comme te voila belle