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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
que cette estimation est exageree; pas du tout, car on I’a paye souventplus eher que cela. Ainsi, un habile joaillier napolitain qui s’est faitune specialite du hijou de corail, M. Luigi Gasalta, affirme en avoirpaye jusqu’a 6,000 francs l’once, ce qui fait non cinquante fois, maissoixante-quinze fois le prix de l’or. Or, comme il le fait remarquer,tan dis que de l’or travaille la moindre limaille est recueillie, la limailleet les eclats resultant du travail du corail sont entierement perdus. DeSorte que, deduction faite de cette perte, le corail a 6,000 francs l’oncerevient en realite ä cent fois le prix de l’or. Aussi est-il place sur lememe rang que les pierres precieuses et estime au carat.
II est curieux de constater, sur les bijoux de corail du Musee deNaples, provenant des fouilles de Pompe' i, le peu d’influence du tempssur cette matiere. On eprouve aussi, a l’examen de ces objets, uneespece de consolation : si les bijoux d’or romains, grecs et etrusquessont incomparablement superieurs aux notres, les anciens etaient fortloin, en revanche, de travailler le corail avec la meme perfection queles artistes de notre temps. Du reste, ils travaillaient mal, pour etrefranc, toutes les pierres et etaient de pitoyables joailliers.
Dans l’Inde, en Perse, en Chine, au Japon , c’est le corail rougefonce qui a la preference, pour l’ornement des turbans, des bonnets äpoils et des poignees de sabres et de poignards. Les pretres s’en fontdes rosaires et des chapelets, et les mandarins chinois de deuxiemeclasse portent ä leur bonnet un gros bouton spherique de corail admi-rablement sculpte, comme signe distinctif de leur rang.
FAUX CORAIL. — La bijouterie a bon marche emploie, sous pre-texte de corail et sous le nom de faussepurpurine, une composition depoudre de marbre et de colle de poisson coloree au vermillon. Cette« imitation » n’est pas faite pour tromper personne, car sa couleur estplus foncee et plus terne que celle du vrai corail; eile est ä peu prescompletement abandonnee, du reste, depuis l’invention du cellulo'id,qui fournit une imitation beaucoup plus belle du corail — et de tout cequ’on voudra.
Pour orner les grottes des jardins, on enduit de petites branchesbien choisies pour cet objet, d’une composition formee de 15 partiesde resine bien claire et de i parties (en poids) de vermillon. G’estencore la une espece de corail artiüciel, dont onpeut dire, par exemple:regardez, mais n’y touchez pas.