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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
nouveau; on repete cette Operation jusqu’a ce que la pate soit tresfine, alors on lui donne la forme convenable avec les doigts, ou bienavec une machine assez semblable ä celle qui sert a couper les pilules.On perfore ensuite la pate, afin de pouvoir passer un ruban dans lesespeces de perles qu’on en forme, et on fait secher de nouveau la pate,qui devient tres dure. Quand les perles sont bien unies et bien polie’s,on les frotte avec de l’huile de rose, afin de leur donner plus d’odeuret de lustre. Par ce procede simple, la pate de feuilles de roses prendune couleur noire tres prononcee, couleur qui est due a de l’acidegallique, qui se combine dans les roses avec le fer.
» Avec de semblables pates, on fait aussi des perles de diversescouleurs. Les teintes les plus communes apres le noir sont le rouge etle bleu. Les principes colorants sont ajoutes a la pate. II est possiblecependant queces Colliers rouges ou bleus, qu’on pretend n’etre qu’unepate de feuilles de roses colorees, soient fa'ites d’une pate particu-liere. S’il fallait enoncer son opinion, je le croirais assez volontiers, äcause de ladifficulte qu’il devrait y avoir, je pense, ä colorer en rougeou en bleu une pate aussi noire que celle des feuilles de roses. LesColliers rouges dont il est ici question ne doivent pas etre confondusavec ceux qui sont formes des fruits du piment (mirtilus pimenta) ouavec le fruit de Varbus precatorius.
» Souvent, pour rendre plus odorantes les perles de roses deTurquie , on y mele de l’huile de roses, du storax et dumusc; maiscette addition ne change en rien la maniere de preparer la pate.
» Les perles noires sont les plus recherchees, soit parce que,devant servir d’ornement aux femmes, leur couleur releve mieux lacouleur de leur peau, soit parce que leur parfum, plus fort, Hatte plusagreablement l’odorat. Ges perles se distribuent dans l’Europe parl’Autriche , et l’exportation qui s’en fait ne laisse pas que d’etre d’unecertaine importance dans la balance du commerce. »
II est interessant de connaitre les procedes de fabrication des pro-duits etrangers, et en particulier des perles en pate de feuilles de rosesde Turquie .
On nous permettra, toutefois, de nous etonner qu’un hommeaussi pratique que Marcel de Serres nous ait fait part de ce pro-cede non parce qu’il est curieux, mais parce-qu’il le trouvait simple etqu’il ne doutait pas qu’on püt l’imiter partout. Ges sortes de perles,en effet, ne peuvent etre fabriquees avantageusement qu’en certainescontrees de la Turquie , centres de fabrication de l’essence de roses,comme le vilayet d’Andrinople , oü les feuilles de roses abondent par