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LES ARTS ET METIEIIS ILLUSTEES.
BIJOUX ELECTRIQUES DE PARURE. — Cette variete de bijoux ct dejoyaux — car il y a aussi et surtout des joyaux — se subdivise endeux categories distinctes, qui sont celle des bijoux obscurs et celiedes bijoux lumineux.
Les premiers representent generalement de petites figures ayantdes parties mobiles qu’actionne une petite pile cachee quelque partdans les vetements de la personne paree de ces bijoux. L’epinglede cravate est particulierement propre ä ce genre de demonstration,et l’inventcur, M. Trouve, ingenieux constructeur d’instruments dephysique, en avait plusieurs, parmi d’autres curiosites analogues, äl’Exposition d’electricite de 1881; notamment une tete de mort en oremaille, ayant des yeux de diamant mobiles et une machoire articulee;et un petit lapin assis gravement, les deux pattes de devant armees debaguettes dont il carillonnäit sur un timbre d’or. La petite pile, cacheegeneralement dans une poche de gilet, est reliee par un fil conducteurinvisible au bijou. Lorsqu’on veut mettre celui-ci en mouvement, pourfrapper de stupefaction, je suppose, l’indiscret qui admire de troppresl’epingle de cravate, on glisse sans affectation un doigt dans la pochequi recele la pile, on touche le contact, et le tour est joue : le lapinexecute son roulement sonore ou la tete de mort roule des yeux flam-boyants et remue la machoire avec des grimaces epouvantables.
Il fut un temps, assez peu eloigne encore, oü il n’en eüt pas falludavantage pour conduire au bucher le porteur d’un pareil objet, avecl’inventeur sur ses talons. Et pourtant ce n’est rien. Gomme objetd’amusement, je me permettrai meme de le trouver insuffisant, car enfince n’est pas le porteur du bijou qui jouit du spectacle, maiscelui quilui fait vis-a-vis, et, a moins que celui-ci fasse a son tour quelquesgrimaces bien accentuees, le plaisir du proprietaire du bijou est toutintuitif, et il n’en jouit reellement qu’a la condition d’une dose debonne volonte assez copieuse.
Il y a deja quelque temps que M. Trouve a mis en circulationses bijoux automatiques, avec un grand succes de curiosite. Dans le-meme temps ou a peu pres, il produisait une parure de tete d’un effetmerveilleux. G’est un oiseau en diamants tailles, — en strass pourmieux dire, — relie par un fil imperceptible ä la petite pile qui, cettefois, se trouve cachee dans une tresse de la chevelure. La personne ainsiparee touche du doigt un petit contact, et aussitöt un feu d’artificerayonne dans tous les sens du corps anime de l’oiseau. Que le doigtabandonne le contact, et la gerbe d’etincelles s’eteint; qu’il le touchede nouveau, et le feu d’artifice recommence. L’effet est vraiment pro-