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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
benthine, on etend plusieurs couches — une dizaine de couches envi-ron — d’une teinte dure formee de ceruse calcinee detrempee commela mixture precedente. La couche d’impression doit etre seche avantde recevoir la premiere couche de teinte dure, et chaque couche decelle-ci egalement avant de recevoir la suivante. Apres cela, on frottela moulure avec une pierre ponce de la forme convenable, mouillee detemps en temps d’un peu d’eau, puis avec de la ponce en poudre im-palpable etendue sur un linge propre. Quand le poli est satisfaisant,on etend au blaireau un plus ou moins grand nombre de couches devernis a la laque, en promenant le rechaud a mesure pour secher levernis ; on polit alors ä la prele et au tripoli mouille d’eau; puis ondonne une couche mince d’or-couleur, qu’on laisse secher [comme ila ete deja dit, et on pose Vor au livret: danscette Operation , on ouvrele livret de feuilles d’or (1), on approche le bord d’une des feuilles,qu’on fait happer par l’or-couleur, et on la lache aussitöt: eile s’etendd’elle-meme sur l’equivalent de son etendue a la surface de l’or-cou-leur. L’application d’or ayant seche, on etend dessus et de la mememaniere dejä decrite une couche de vernis a l’esprit-de-vin, sur laquelleon ajoute deux ou trois couches de vernis gras au copal, ayant soin delaisser bien secher chaque couche avant d’en appliquer une nouvelle.Finalement, on polit au tripoli et a l’eau avec un linge propre et l’ontermine en passant sur tout l’ouvrage la paume de la main adouciepar une goutte d’huile d’olive.
Quelquefois, au lieu duvernis, on brunit l’or au brunissoir d’agate.
DORURE EN DETREMPE. — Dans ce procede, on commence parun encollage de l’ouvrage ä dorer, avec une decoction reduite defeuilles d’absinthe et d’ail additionnee de vinaigre: une variete specialedu mordant du Frere Hippolyte; on etend lä-dessus de cinq ä' dixcouches de colle de parchemin dans laquelle on a delaye de la craiebroyee et finement tamisee ; de cette meme colle epaissie de craie onbouche avec soin, s’il y a lieu, les trous et les ger§ures du bois ; puison ebarbe et l’on ponce.
On passe alors une couche de jaune, formee d’ocre jaune fine-ment broyee et delayee avec de la colle de parchemin; l’ocrejauney est quelquefois remplacee par l’ocre rouge, la terre bolaire, etc.,mais ces details n’ont qu’une importance assez mince et assez facile a
(1) Voir le Batteur d’or, page 710. Le livret est le petit cahier contenant un quarteron , ouvingt-cinq feuilles d’or battu.