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avec un egal avantage, toules les mer-veil les de l’ait. La bataille memorablequi termina cette Campagne, el danslaquelle les Argyraspides fletriient touteleur gloire en trahissant Eumenes, dontils avaient suivi Ia forlune, doit etrercgardee, sans aucun doute, comme unchef-d’oeuvre de tactique; mais eilerentre dans les principes de l’ordre obli-que si souvent employe par Alexan-dre; car vous avez pu voir que c’elaitla methode favorile de ce conquerant,
Je remarque seulemenl qu’ä celle ba-taille de Gabene (361 avant notre ere),il y avaii des elephans en grand 110 m-bre dans les deux armees, et qu’Eu-menes avait dispose les siens d’unemaniere ingenieuse, en leur faisant for-mer une courbe dont les extremiles serepliaient sur la ligne qu’ils etaientcharges de defendre. Cette courbe lais-sait un grand vido, afin de donner plusd’espace ä ces aniniaux, qui etaientsujels a reculer et ä jeter le desordredans les troupcs placees derriere eux.
On ne voit pas que les Romains, sialtentifs ä saisir tout ce qui pouvait leurfitreutile, aienl jamais eie plus curieuxde se servir des elephans que des cha-riots. II y avait bien de la folie, eneffet, äse reposer, pour le succes d’uncombat, sur deselemens dont on eprou-vait si souvent des effels funestes. Soitque les elephans fussent opposes ä d’au-tres, ou places en face des clrariots, oubien encore qu’il n’y eüt que des cha-riots des deux edles; la premiere ligne,sur le front de laquelle ces machinesrebroussaient, etait ccrtaine d’elre misecn desordre et battue.
Ce fut cependant ä la presence descselephans, force tout-ä-fait nouvellecn Europe, que Pyrrhus dut ses Pre-miers succes conire les Romains. Cepcuple n’etait dejä plus etranger ä hartda la guerte, et la preouete Ibis que
Pyrrhus eut occasion de reconnaitre uncamp rornain sur le bord de la rivierede Siris, il ne put s’empeeher de direä l’un de ses generaux : « Cet ordre desBarbaresn’est nullement barbare; nousverrons si le reste y repondra. »
Pyrrhus, qui s’etait forme sous lescapitaines d’Alexandre, et qu’Annibal,si hon juge en fait de merile mililaire,avait pris pour modele; Pyrrhus, enadopfant l’ordre en phalange, en avaitperfectionne les deploiemens. Il estmeme vraisemblable que la faciliteavec laquelle Pyrrhus rompait ses pha-langes, suivant le terrain et les circon-stances, fut l’origine de l’ordre en quin-conce, ou en echiquier, introduit plustard dans l’ordonnance romainc, bienque cette opinion soit contraire ä cellequ’on adopte generalement.
Tout porte ä croire qu’ä la batailled’Heraclee, donnee sur les bords duSiris (280 avant notre ere), les Romainscombattaient sur une scule ligne avecunegrande profondeur, et les elephansde Pyrrhus n’y lirent tant de carnage,que parce qu’ils ne trouvaient aucuneissue entre les manipulcs. Ce desordren’aurait certainement pas eu lieu si cesanimaux avaient pu passer entre les in-tervalles des trois lignes formees parles hastaires, les priuccs et les Iriaires.
Avec moins d’inquietude dans l’es-prit, et plus de suite dans scs projets,Pyrrhus se serait fait une grande puis-sanee; mais il n’avait pas plutöt me-sure ses forces avec un ennemi, qu’il lelaissait pour en atiaquer d’autres. On leconqiarait ä un joueur habile qui de-pense sans meuagement ce qu’il a sugagner. Comme Annibal, Pyrrhus vintjusqu’aux portes de Rome disputcr lasouverainete de l’Halie ä cette fulurereine du monde. Les Romains lui lirenttoujours acheler chercment ses succes,ei ce prince le lecQxuiuisswt, bien lors~